Polémique sur les filets antipollution à Antibes : le conflit perdure
Filets antipollution à Antibes : le conflit perdure

Un conflit persistant sur le traitement de la pollution littorale

Le sujet des filets antipollution revient régulièrement alimenter le débat entre les associations de protection de la mer, la Ville d'Antibes et la Communauté d'agglomération. Alors que les associations réclament des solutions concrètes, la municipalité oppose des contraintes techniques et de sécurité.

Les associations tirent la sonnette d'alarme

Le président des Fonds bleus, Jean-Jacques Fieschi, exprime sa lassitude : « On a la possibilité d'assainir la baie de Juan-les-Pins et même quelques endroits à Antibes en posant ces filets antipollution. Mais rien ne se passe et on fait toujours face aux mêmes excuses. » Christophe Geloni, président d'Ensemble pour la protection du littoral antibois, renchérit : « Les filets ? Cela va être impératif. Il faut qu'ils se réveillent et que l'on trouve enfin une solution à Antibes. »

Les associations constatent chaque année la même quantité de déchets : canettes, bouteilles, et surtout des sacs de déjections canines jetés dans les avaloirs. Les bénévoles plongent deux fois par semaine et ramassent toujours autant.

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La position de la municipalité : sécurité avant tout

Face à ce qu'elle qualifie d'« approche militante », la Ville et la Casa opposent une « approche de gestion publique » soumise à des contraintes de sécurité. Les services municipaux rappellent que ces dispositifs peuvent être incompatibles avec l'évacuation des eaux de crue. « En période d'orage, le moindre bouchon formé par un filet pourrait provoquer des inondations dramatiques en amont », explique la Ville, citant l'exemple de Cagnes-sur-Mer qui a dû retirer ses filets en urgence en 2021.

« Les associations sont sincèrement convaincues de leur utilité mais elles ne sont pas gestionnaires des réseaux ni responsables du risque inondation. Notre priorité absolue reste la sécurité des personnes et des biens. »

Les associations contestent les arguments techniques

Jean-Jacques Fieschi s'insurge : « Dire que Juan-les-Pins ou Antibes va finir englouti sous les flots parce qu'on pose des filets, c'est de la mascarade. » Il cite en exemple Mandelieu et Cannes, qui ont pourtant connu des inondations. La municipalité rétorque que chaque territoire a une configuration hydraulique et urbaine différente, et qu'un test expérimental passé s'est avéré décevant. Les associations contestent le choix des sites de test.

La bataille de la source : éducation et aménagements

Pour la Ville et l'agglomération, la réponse globale contre les macrodéchets se joue en amont. Depuis les inondations de 2015, des millions d'euros ont été investis dans la désimperméabilisation des sols, la renaturation des vallons, et l'installation de dégrilleurs et décanteurs. S'ajoutent le nettoyage quotidien des espaces publics, la pose de paniers sous les grilles, et des campagnes citoyennes comme « J'aime ma mer » ou le programme scolaire « Halte aux déchets en mer ! »

Christophe Geloni partage cette vision : « La solution passe avant tout par l'éducation et la responsabilisation. S'il y a des déchets, c'est qu'il y a des mauvais comportements. Je demande toujours plus de répression. »

Les sacs à déjection canine : un nouveau fléau

Une grande partie des déchets en mer provient de la terre. Aujourd'hui, les plongeurs remontent principalement des sacs à déjection canine. « On remonte à chaque sortie près d'une trentaine de sacs », analyse Jean-Jacques Fieschi. Un paradoxe : les propriétaires ramassent les déjections mais les jettent dans le caniveau. Même les sacs biodégradables mettent plusieurs années à se décomposer, et les poissons les ingèrent.

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