Depuis sept ans, des scientifiques, des associations et des élus alertent sur la présence de cadmium dans les engrais phosphatés et son impact sur la santé publique. Pourtant, aucun décret n'a été adopté pour limiter cette contamination. La Macronie est accusée d'avoir laissé faire, privilégiant les intérêts industriels.
Des alertes répétées ignorées
Dès 2019, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommandait de réduire les seuils de cadmium dans les engrais. En 2021, une mission parlementaire préconisait des mesures contraignantes. En 2023, la Cour des comptes soulignait les risques. Malgré cela, trois projets de décret ont été préparés mais jamais publiés.
Un lobbying efficace
Les industriels du secteur, notamment les producteurs d'engrais phosphatés, ont exercé une pression constante pour éviter toute régulation. Le cadmium, classé cancérogène, s'accumule dans les sols et se retrouve dans les aliments, notamment les céréales et les légumes.
Selon une étude de 2024, près de 10% des échantillons de blé français dépassent les seuils recommandés. Pourtant, aucune norme contraignante n'existe pour les denrées alimentaires.
Des conséquences sanitaires graves
Le cadmium est responsable de maladies rénales, osseuses et de cancers. L'exposition chronique touche des millions de Français. Les populations rurales, via la consommation de légumes locaux, sont particulièrement exposées.
Des associations comme Générations Futures dénoncent un « scandale sanitaire » et appellent à des mesures d'urgence. Une pétition a recueilli plus de 200 000 signatures.
L'inaction gouvernementale
Le ministère de l'Agriculture et celui de la Transition écologique se renvoient la responsabilité. Les trois projets de décret, dont un prévoyait une baisse progressive des seuils, ont été bloqués sous la pression du lobby agricole et des fabricants d'engrais.
En 2025, une nouvelle proposition de loi a été déposée à l'Assemblée nationale, mais son examen a été repoussé. Les ONG dénoncent une « complicité passive » de l'exécutif.
Un enjeu de santé publique
La France est l'un des derniers pays européens à ne pas avoir fixé de limite réglementaire pour le cadmium dans les engrais. La Commission européenne a pourtant adopté une directive en 2022, mais sa transposition en droit français traîne.
Les experts estiment qu'une action rapide permettrait de réduire de 30% l'exposition de la population d'ici 2030. Mais sans décision politique, le cadmium continuera de contaminer nos sols et nos assiettes.



