Menace de pollution sur la plage de Roux à Aytré
La plage de Roux, située entre La Rochelle et Aytré en Charente-Maritime, est un lieu prisé pour les promenades face à l'océan. Cependant, derrière son cordon dunaire fragile se cache un danger : des tonnes de terres polluées au mercure, au cadmium, au plomb et à l'arsenic. Ces déchets, héritage d'une exploitation industrielle qui a duré de la fin du XIXe siècle jusqu'en 1992, proviennent d'une ancienne fabrique d'engrais et d'un dépôt de vidange.
L'érosion du littoral et les submersions marines lors des tempêtes hivernales accentuent les craintes des autorités locales. La municipalité d'Aytré, menée par la nouvelle maire Hélène Rata, s'inquiète de la propagation possible de ces polluants. En 2020, la dépollution du site de 4 hectares avait été estimée à 34 millions d'euros par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), mais aucun travaux n'ont été engagés depuis.
Une situation qui s'aggrave
« Tout s'accélère depuis deux ou trois ans, explique Hélène Rata. Si l'eau pénètre lors des tempêtes ou des grandes marées, elle risque de se charger en polluants, puis de contaminer les marais alentour avant de retourner à la mer. Cela devient extrêmement inquiétant. » La maire, qui siégeait auparavant dans l'opposition, promet de ne rien lâcher sur ce dossier. Elle souhaite protéger le trait de côte de la plage de Roux pour limiter l'érosion et les submersions, et entend faire pression sur l'agglomération de La Rochelle, compétente en matière de défense côtière.
Responsabilité de l'entreprise Delfau
Hélène Rata insiste sur la nécessité d'engager des travaux de dépollution : « Je compte bien faire partie des premières communes où seront engagés des travaux. » Elle renvoie la responsabilité à l'entreprise Delfau, spécialiste de l'assainissement, propriété de la SARP, elle-même filiale du groupe Veolia. La commune attend que cette société prenne ses responsabilités pour nettoyer le site et éviter une catastrophe environnementale.



