Monaco accueille deux événements majeurs pour la protection des océans
Du 27 au 29 mai 2026, Monaco va de nouveau organiser deux rendez-vous distincts visant à solliciter le secteur privé, ainsi que d'autres acteurs, pour la sauvegarde durable des océans. L'objectif est clair : voir émerger des actions concrètes sur le terrain, un an après la Conférence des Nations Unies sur les océans (Unoc).
Un constat alarmant sur le financement des océans
Selon Cyril Gomez, directeur général adjoint de l'Institut océanographique de Monaco, les moyens alloués à la protection des océans sont insuffisants. « C'est l'objectif de développement durable des Nations unies le moins financé », indique-t-il. « On estime qu'il faudrait sept fois plus d'argent pour assurer une gestion durable de l'Océan. » Il pointe du doigt les subventions « nocives », soulignant que les États dépensent environ 22 milliards de dollars par an en subventions directes pour des pratiques de pêche destructrices, contre seulement 1,2 milliard d'euros pour des mesures de conservation comme les aires marines protégées. « Le sujet n'est donc pas financier mais plutôt d'orienter correctement l'argent, puisqu'aujourd'hui on continue à financer ce qui détruit et non ce qui régénère », ajoute-t-il.
Deux événements complémentaires pour une dynamique renouvelée
La Monaco Blue Initiative (MBI), qui fêtera sa 17e édition le 27 mai, vise à faire dialoguer les représentants politiques, le secteur privé, les financiers et les scientifiques pour élaborer une feuille de route commune, sans annonces spectaculaires. Le Blue Economic and Finance Forum (BEFF), les 28 et 29 mai, en est à sa deuxième édition et se concentre davantage sur le business, avec l'ambition de diriger plus de capital vers des solutions de l'économie bleue. L'an dernier, le BEFF a permis de lever 8,7 milliards d'euros pour accélérer la transition océanique d'ici 2030.
Le rôle crucial du secteur privé et des innovations
Romain Ciarlet, vice-président administrateur délégué de la Fondation Prince Albert II, insiste sur l'engagement du secteur privé. « Les choses changent. Des solutions émergent et elles sont portées par des sociétés qui innovent. Selon nous, elles sont plus de 3 000 à intervenir sur le secteur de l'économie bleue », explique-t-il. Il souligne la nécessité d'aligner business et protection de l'océan, en sensibilisant les grands acteurs et en mobilisant les investisseurs, souvent peu informés des opportunités en financement bleu.
Un programme dense et varié pour des actions concrètes
La Monaco Blue Initiative se déclinera en trois temps, incluant des échanges post-2025 pour évaluer les progrès et les blocages, comme l'accord sur le plastique. Les discussions aborderont aussi l'impact des tensions géopolitiques sur les problématiques océaniques. Le BEFF, quant à lui, comprendra quatre séquences, avec des focus sur la décarbonation du maritime et les produits de la mer durables. Des sessions de pitch avec 15 start-ups et leurs investisseurs, ainsi que des tables rondes sur l'Afrique, l'Asie, et des thèmes comme l'IA pour la protection des océans, seront organisées pour maximiser les échanges.
Ces événements visent à transformer les connaissances scientifiques en actions tangibles, en mobilisant les ressources financières et politiques nécessaires pour une protection efficace des océans.



