Ce samedi 9 mai, le voilier Ataraxia a pris le large pour une expédition scientifique de cinq semaines au départ de Port-Camargue. Cinq équipages se relaieront pendant cette période pour observer la faune marine et effectuer des prélèvements. Ces données visent à mieux comprendre l'environnement en Méditerranée et ainsi préserver le littoral.
Un laboratoire flottant de 18 mètres
Avec ses 18 mètres de long, l'Ataraxia s'apprête à larguer les amarres. À quai, à Port-Camargue, l'heure est aux derniers préparatifs pour le voilier d'Yves Kossousky. Dans quelques heures, il ne sera plus seulement un bateau, mais un véritable laboratoire scientifique flottant pour cinq semaines d'expédition en Méditerranée. "On a installé leur équipement de plongée, leur matériel scientifique", explique le propriétaire, ce samedi 9 mai, juste avant le départ.
Cette expédition scientifique, initiée par le Seaquarium Institut marin, prendra le large jusqu'aux îles Baléares (Minorque, Ibiza et Palma), avec une première étape à Barcelone. L'objectif de cette traversée : mieux comprendre la faune marine. Pour ce faire, cinq équipes se relaieront chaque semaine, pour récolter le plus de données possible.
Des observations scientifiques variées
Sur le ponton, Amélie, Émilie et Mathilde – respectivement technicienne aquariologiste et médiatrices scientifiques – s'apprêtent à embarquer. "On a assez hâte de voir ce que l'on va découvrir", sourient-elles, espérant notamment trouver sur leur route des requins-pèlerins, des dauphins, des cachalots… Mais si certains spécimens peuvent s'observer à l'œil nu, d'autres ne sont perceptibles que grâce à des outils spécifiques. "Pour la mégafaune, on va faire les observations avec des jumelles. Mais sur des points précis, au-dessus des canyons, on va placer un hydrophone, qui consiste à enregistrer les fonds marins pour détecter les cétacés non visibles", précisent les scientifiques. Des prélèvements de phytoplancton et d'eau seront également réalisés pour permettre notamment de déterminer, après analyses, les cétacés qui sont passés dans certains secteurs.
Un laboratoire en mer
Les données seront ensuite envoyées aux partenaires sur terre pour analyses. Parmi eux : le Muséum national d'histoire naturelle, Hydreco et Aquasearch. "L'objectif est vraiment de transformer l'Ataraxia en laboratoire en mer", complète Jean-Marc Groul, le directeur du Seaquarium Institut marin, qui n'est pas peu fier de voir cette expédition renouvelée pour la troisième année consécutive. "Et chaque année, on s'agrandit. Cette année, par exemple, tous les services sont concernés : administratifs, commerciaux, scientifiques, médiatrices", poursuit-il.
Mais si cette mission a une portée scientifique, elle se veut aussi pédagogique. L'avancée de cette traversée sera, en effet, retransmise dans les écoles L'Aire marine éducative du Grau-du-Roi et André-Quet, mais aussi sur les réseaux sociaux. Avec toujours une même ambition : sensibiliser pour mieux protéger la Méditerranée.
En attendant, sur le quai, Yves jette un dernier coup d'œil aux prévisions météorologiques. "Il y a des vents assez forts au cap de Creus, mais nous avons une fenêtre de météo favorable", lâche-t-il. En d'autres mots, il est temps de prendre le large. Car, comme on dit, la mer n'attend pas.



