La Rochelle Université inaugure une chaire Unesco sur l'océan et le littoral durable
Chaire Unesco océan et littoral durable à La Rochelle

La Rochelle Université compte désormais une chaire Unesco intitulée « océan et littoral durable ». Un colloque de lancement s'est tenu du 28 au 30 avril à la faculté de droit des Minimes, rappelant les vulnérabilités de la Charente-Maritime face aux défis climatiques.

Qu'est-ce qu'une chaire Unesco ?

Selon le site de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), une chaire Unesco est « un projet ou une équipe dans un établissement d'enseignement supérieur qui travaille en partenariat avec l'Unesco afin de faire progresser les connaissances et la pratique dans un domaine prioritaire à la fois pour l'établissement et l'Organisation ». Depuis juin 2025 et pour une durée de quatre ans, La Rochelle Université héberge cette chaire dédiée à l'océan et au littoral durable.

Des axes de recherche centrés sur la vulnérabilité littorale

Agnès Michelot, professeure de droit public et responsable de la chaire, explique : « Nos axes de recherche englobent la vulnérabilité des populations en zone littorale, avec les questions d'érosion, de submersion côtière et de déplacement de population. Et aussi les solutions pour adapter les sociétés littorales à ces phénomènes dans un délai de plus en plus contraint. » L'expertise ainsi dégagée vise à soutenir les politiques publiques. « En tant que scientifiques, nous pouvons éclairer les décideurs », ajoute-t-elle.

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Un territoire particulièrement exposé

La Charente-Maritime compte 419 kilomètres de côtes, îles comprises, et son économie est fortement tournée vers l'océan. Avec le réchauffement climatique, les risques sont prégnants. Lors des tables rondes, de nombreuses questions ont été posées par les élèves du département, témoignant d'une angoisse chez les générations montantes. Un écolier a demandé si la montée des eaux contraindrait tous à se réfugier dans les Pyrénées.

Les défis de l'élévation du niveau marin

Éric Chaumillon, professeur en géologie marine, rappelle qu'au rythme actuel, l'élévation du niveau marin atteindra 20 centimètres d'ici 50 ans, et 20 centimètres supplémentaires « produiront de nouveaux extrêmes ». L'érosion du trait de côte et les submersions mettront à mal les systèmes de défense existants.

Des solutions coûteuses et limitées

Sébastien Pueyo, chef du service ingénierie et littoral au Département, a présenté les coûts des protections : 500 euros par mètre pour des digues en terre, 1 000 euros pour des enrochements, et plus de 7 000 euros pour des protections bétonnées en zone urbaine. L'entretien annuel représente 3 à 5 % de l'investissement initial. « On ne pourra pas tout protéger », conclut Éric Chaumillon, invitant à une réflexion approfondie sur les stratégies d'adaptation.

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