Une rencontre marine exceptionnelle dans les eaux de Capbreton
Le vendredi 12 avril 2024 restera une date marquante pour Lilian Haristoy, plongeur, photographe et cadreur basque. Alors qu'il explorait le gouf de Capbreton, un site qu'il connaît pourtant parfaitement après de nombreuses observations marines, il a assisté à un spectacle saisissant : une baleine à bosse évoluant au milieu de dizaines de globicéphales.
Des images rares partagées avec la communauté scientifique
Les superbes images capturées par Lilian Haristoy ont immédiatement été partagées avec Clément Brouste d'Apex Cetacea, centre de whale watching basé à Capbreton, ainsi qu'avec plusieurs scientifiques embarqués lors de cette sortie. Parmi eux figuraient Fabienne Delfour de l'École nationale vétérinaire de Toulouse et Marie Montant de l'ILCB (Institute of language, communication and the brain) de l'université de Marseille.
Cette baleine à bosse était probablement le même individu qui avait été aperçu la veille par l'équipage d'Explore Océan, et sans doute celui qui s'était approché du port de Getaria la semaine précédente. « Nous sommes en plein pic de migration pour les cétacés qui remontent vers le nord », explique Lilian Haristoy, auteur de l'ouvrage « Baie de Biscaye, les trésors du gouf de Capbreton ».
Un comportement qui intrigue les observateurs
Les scientifiques s'interrogent particulièrement sur le comportement inhabituel de la baleine. « Elle soufflait bizarrement. Et le fait qu'elle s'approche autant du littoral n'est pas commun », notent les observateurs. Des questions se posent sur son état de santé, peut-être simplement lié à la fatigue après un long parcours migratoire.
Dans quelques jours, Lilian Haristoy publiera une nouvelle vidéo de cette rencontre exceptionnelle, qui doit surtout sa rareté au comportement des globicéphales. « D'abord parce que ce sont eux qui m'ont mené vers la baleine. J'étais à 6 km d'elle quand je les ai vus et que j'ai commencé à les suivre. Eux savaient déjà », raconte le plongeur.
Une interaction interspécifique rare
Ce qui rend cette observation particulièrement précieuse, c'est l'interaction inhabituelle entre les différentes espèces. « Les globicéphales ne jouent pas de cette façon avec les rorquals », précise Lilian Haristoy. Cette rencontre offre également une occasion unique d'étudier l'ambiance acoustique sous-marine, un aspect souvent méconnu des interactions entre cétacés.
Le gouf de Capbreton, avec son couloir de migration situé entre 50 et 100 miles des côtes, reste un lieu privilégié pour l'observation des cétacés. Cependant, des rencontres aussi spectaculaires que celle du 12 avril 2024 demeurent exceptionnelles, même pour les observateurs les plus expérimentés.



