Canal du Midi : le vaccin des platanes divise scientifiques et filière bois
Canal du Midi : vaccin des platanes, une union sacrée en question

Le 15 janvier prochain, une réunion cruciale se tiendra au ministère de l'Agriculture pour discuter du test d'un traitement phytosanitaire contre le chancre coloré qui ravage les platanes du canal du Midi. Cependant, l'union sacrée espérée par plusieurs maires audois, comme Yves Bastié (Sallèles-d'Aude) et Patrick Maugard (Castelnaudary), semble encore loin d'être acquise. Le sujet divise profondément entre les défenseurs du vaccin et ceux qui prônent l'abattage systématique.

Un échange virulent dans la presse spécialisée

Dans le numéro de décembre des Nouvelles feuilles forestières (NFF), Yves Bastié a adressé un courrier des lecteurs pour exprimer sa stupéfaction face à un article de septembre 2013 affirmant que « une seule solution : l’abattage ». Il s'interroge : « Comment pouvez-vous affirmer une telle ineptie ? N’avez-vous pas cherché d’autres informations que celles données par VNF ? » La réponse des NFF ne s'est pas fait attendre : après avoir consulté le Département de la santé des forêts et relu la documentation sur les produits, ils maintiennent que « dans l’état actuel des connaissances, la seule solution pour résorber ou limiter la propagation du chancre coloré reste l’abattage des arbres ».

Des expérimentations encore incertaines

Les NFF s'appuient sur un avis des expérimentateurs du vaccin, publié dans la revue Phytoma en mars 2013, qui reconnaissent que « des expérimentations sur plusieurs années sont nécessaires » avant de conclure sur l'efficacité des méthodes. De plus, le suivi des sept arbres ayant reçu l'injection du produit fongicide a été interrompu après leur abattage, treize mois plus tard. Un argument supplémentaire pour les NFF, qui estiment qu'il « ne serait pas honnête de dire et de laisser croire à nos lecteurs qu’il existe aujourd’hui une alternative à l’abattage des platanes ».

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La question des Platanors et des enjeux économiques

André Vigouroux, créateur des Platanors (platanes résistants issus de recherches à l'Inra), s'est également penché sur la technique du Cetev. Il rappelle que des expériences similaires menées en Italie par le Dr Panconesi en 1981 n'avaient fait que retarder l'inéluctable. Derrière ces débats scientifiques se profile une question économique : que deviendront les Platanors, déjà commercialisés par les pépinières Rouy-Imbert dans plusieurs pays européens, si le vaccin s'avère efficace ? La même interrogation vaut pour les autres essences destinées à remplacer les 42 000 platanes condamnés. De quoi susciter des inquiétudes chez les producteurs.

Le rendez-vous du 15 janvier s'annonce donc comme une étape clé, mais le chemin vers une éventuelle généralisation du vaccin reste semé d'embûches, entre scepticisme scientifique et intérêts économiques.

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