Présidente du jury du Prix Ecoprod, qui récompense les films dont la production s'engage dans la transition écologique et limite l'impact environnemental, Aure Atika est toujours heureuse de revenir à Cannes, surtout pour une bonne cause. L'actrice française, présidente du jury du prix Ecoprod, était sur le pont du voilier Blue Panda de la WWF, partenaire du prix, pour une interview en chaussettes face à elle, pieds nus, cassant les barrières.
Un prix pour la fabrication écoresponsable
Depuis cinq ans, le Prix Ecoprod met en lumière les équipes, artistes, productions et techniciens qui s'engagent dans la transition écologique et limitent l'impact environnemental de leur film. En marge du palmarès, qui a vu Soudain de Ryusuke Hamaguchi remporter le prix tout en attribuant une mention spéciale à Notre Salut d'Emmanuel Marre, on a pris un petit moment pour discuter avec la présidente du jury.
Comment juger le contexte environnemental d'un film ?
« On n'a pas vu les films, on a jugé sur des dossiers que les productions nous ont envoyés sur la fabrication du film. Ce n'est pas du tout sur le côté artistique et la qualité du film mais sur la fabrication. C'est à la fois le tournage, la régie, les transports, les costumes, les décors qui sont recyclés, la cantine. Chacun a mis des moyens différents en place dans la fabrication. Il y a aussi le bilan carbone. On a jugé la fabrication du film sur l'intégration de cette conscience et de la responsabilité. »
Une évolution des tournages
Interrogée sur l'évolution de la conscience écologique sur les tournages, Aure Atika constate : « Énormément. Aujourd'hui, les transports sont mutualisés, on prend systématiquement le train plutôt que l'avion. Dans les cantines, il y a beaucoup plus de plats vegans, il n'y a plus de couverts en plastique, plus de petites bouteilles d'eau en plastique, on a tous des gourdes ou des gobelets qui sont réutilisables. Je trouve que ça réveille le sens du collectif et ça a une incidence sur le film, sur la manière dont l'équipe évolue ensemble au service d'un projet. Sur chaque tournage, il y a un coordinateur d'écologie, il y a plus de responsabilité collective. »
Pourquoi avoir accepté ce rôle de présidente ?
« Je pense qu'ils m'ont proposé parce que récemment j'ai fait un podcast pour Libération sur la forêt de Massane, dans les Pyrénées-Orientales, l'une des dernières vieilles forêts françaises en libre évolution. Je ne suis pas une militante écologiste mais je fais les gestes responsables au quotidien et je pense que cette cause a besoin d'être portée par quelqu'un d'un peu médiatique. C'est aussi l'occasion de venir à Cannes pour quelque chose de différent et d'utile. C'est toujours un plaisir de venir ici, c'est quand même le plus grand festival au monde. C'est une hymne au cinéma, à l'humanité vue par le prisme du cinéma. C'est une célébration incroyable. J'adore l'ambiance de voir des films, ici. Il y a une solennité, quelque chose de magique. »



