Au Pays basque, la mairie d’Urt a formé un agent technique pour devenir référent frelon asiatique. Grâce à un protocole bien défini, la municipalité prend en charge la destruction des nids de cet hyménoptère indésirable.
Un plan national décliné localement
Le plan frelon asiatique dévoilé en mars dernier par le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, prévoit « la création et la mise en réseau de référents frelon asiatique au niveau national et local ». Dans les Pyrénées-Atlantiques, plusieurs communes en sont déjà dotées, notamment dans le bassin Nive-Adour. Le dispositif est encouragé depuis plusieurs années par les membres du Collectif de lutte contre les frelons asiatiques au Pays basque, composé d’apiculteurs professionnels et amateurs. Régulièrement, ces derniers informent grand public et collectivités sur la nécessité de « contenir » le frelon à pattes jaunes en participant aux campagnes de piégeage de printemps et d’automne, mais aussi en détruisant les nids.
L’engagement précoce d’Urt
À une vingtaine de kilomètres de Bayonne, la commune d’Urt, 2 342 habitants, s’est très tôt investie dans la lutte contre cette espèce exotique envahissante (EEE). Elle dispose d’un référent frelon parmi ses agents techniques et a acheté et distribué aux habitants des pièges sélectifs. « Nous avions été sensibilisés au problème dès 2019, lors d’une réunion organisée par l’apicultrice Cathy Tassy, qui a des ruches dans notre commune », retrace Pierre Pétrissans, premier adjoint. « Nous avons décidé d’allouer un budget spécifique pour détruire des nids sur le domaine public comme chez les particuliers. Entre 2023 et 2025, nous avons pris en charge la destruction de 36 nids, soit environ 120 euros par nid » – il faut compter entre 90 et 150 euros en fonction de leur hauteur.
Le plan national de 3 millions d’euros suffira-t-il à couvrir ce type de dépenses pour les communes qui en feraient la demande ? « Entre 2023 et 2025, nous avons pris en charge la destruction de 36 nids, soit environ 120 euros par nid », détaille Pierre Pétrissans.
Le rôle du référent
Concrètement, le titre de « référent » a été attribué à un agent technique sensibilisé et formé à la problématique du frelon asiatique. Dès qu’un nid est identifié et signalé à la mairie, l’agent se déplace et, suivant un protocole bien établi, procède aux constatations afin d’obtenir trois devis auprès de désinsectiseurs, en accord avec les demandes de la municipalité. Cela représente un gain de temps pour tous et la garantie d’une éradication efficace.
L’apicultrice Cathy Tassy, très investie dans la lutte contre le frelon asiatique dans le département, encourage les particuliers à participer au piégeage de printemps et d’automne.
Intervention professionnelle
Thomas Desvaux, élagueur à Urt et désinsectiseur, a été sollicité plusieurs fois pour détruire ces sphères grisâtres accrochées au sommet des arbres, dans des granges, voire désormais dans des buissons ou des souches. « Je travaille avec un produit conçu à partir d’extrait végétal pour être le moins nocif pour la nature, mais aucun n’est vraiment sans risque », note le professionnel qui possède le certibiocide. « On intervient avec une combinaison épaisse, selon certaines conditions climatiques. L’idéal, c’est à la tombée de la nuit ou au lever du jour. »
Vers un développement intercommunal
Côté mairie, le système « référent frelon » a été vite adopté par les agents. « On n’avait pas les produits ni les combinaisons pour intervenir dans les bonnes conditions. Les trois quarts des nids n’étaient pas traités », analyse Pierre Pétrissans. « Nous aimerions un développement de référents à l’échelle intercommunale pour plus d’efficacité », souligne Cathy Tassy, membre du collectif. Comme les autres apiculteurs des Pyrénées-Atlantiques, elle attend les réponses de la préfecture au sujet de l’articulation locale du plan national.



