Une innovation viticole en Charente-Maritime
À Saint-André-de-Lidon, près de Pons, le viticulteur David Moreau a planté quatre hectares de vignes sous des ombrières photovoltaïques. Cette installation, une première dans le département, vise à protéger les cultures des aléas climatiques tout en produisant de l'électricité.
Les panneaux, montés à cinq mètres du sol sur une structure métallique, sont des persiennes solaires pilotables à distance. Ils offrent une protection contre le gel, la grêle et les brûlures du soleil, tout en générant jusqu'à 3,5 mégawatts crête par an.
Une protection efficace contre les intempéries
David Moreau explique que les panneaux peuvent être inclinés pour former un toit plat, protégeant ainsi 70 à 80 % des vignes en cas de grêle. Contre le gel, la température sous les ombrières est plus élevée, offrant 90 % de chances d'éviter les dégâts. Le viticulteur perdait auparavant 5 à 10 % de sa récolte à cause de l'échaudage, un phénomène de brûlure des grains par le soleil.
Pour ce projet, David Moreau s'est associé à Sun'Agri, filiale du groupe Sun'R spécialisée dans l'agrivoltaïsme dynamique. L'entreprise compte une quarantaine de projets en France, principalement dans le Sud. En Nouvelle-Aquitaine, sept projets agrivoltaïques sont en développement, pour une puissance totale de 46,8 MWc. Un second parc de 12 MWc pourrait voir le jour en Charente-Maritime, et deux autres sont à l'étude en Charente.
Un modèle économique innovant
David Moreau n'a financé que ses vignes, plantées en ugni blanc. Il reste propriétaire du sol grâce à un bail emphytéotique qui lui confère la maîtrise du ciel jusqu'à quatre mètres de hauteur. Il peut orienter les panneaux comme il le souhaite, même si cela réduit la production électrique. Sun'Agri parle de « désoptimisation au bénéfice de la plante ».
Le viticulteur perçoit un loyer mensuel d'environ 60 euros. Il aurait pu investir dans la société de projet et toucher des dividendes. Le coût des ombrières, conçues pour durer 30 ans, est d'environ un million d'euros par hectare.
Des contraintes réglementaires
Actuellement, les raisins produits sous ces panneaux ne peuvent être utilisés que pour des vins sans indication géographique, malgré le respect du cahier des charges du cognac. David Moreau espère une évolution rapide de la réglementation pour valoriser pleinement cette innovation. « Je ne pense pas prendre un gros risque, confie-t-il. Le cépage ugni blanc peut convenir. La seule vraie question est de savoir s'il peut produire autant. Mais il n'y a qu'en essayant que l'on saura. »



