Montpellier : la station d'épuration Maera produit du biogaz vert
Maera : production de biogaz vert à Montpellier

La station d'épuration Maera, située sur l'ancien site de la Céreirède à côté de Montpellier, est devenue le plus grand chantier de la Métropole. Avec un investissement de 165 millions d'euros porté par la Régie de l'eau, elle vise à produire du gaz vert à partir de la méthanisation des boues. « Ce sont les déchets, les eaux usées qui deviennent une ressource énergétique locale. C'est bien que Montpellier donne cette impulsion », a déclaré Frédéric Rolland, directeur héraultais de GRDF.

Un processus de production de biométhane

La modernisation et l'agrandissement du site intègrent une station de purification du biogaz produit. Le biométhane est ensuite injecté dans le réseau de distribution classique. Un contrat de quinze ans a été signé avec EDF, qui rachète l'énergie produite. « C'est l'exemple à suivre », souligne Alain Géan, responsable national des approvisionnements en biométhane d'EDF, en référence à la hausse des prix du gaz fossile due au blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. La première injection de biométhane dans le réseau montpelliérain a eu lieu le 25 février dernier.

Objectif de souveraineté énergétique

Michaël Delafosse, président de la Métropole, insiste sur le rôle de ce chantier dans la stratégie de souveraineté énergétique de la France. « Contribuer à la souveraineté énergétique de la France, ne pas subir, sortir un peu de cette dépendance » vis-à-vis de fournisseurs comme la Russie, les États-Unis ou l'Algérie. La Métropole mise également sur le triplement du réseau de chaleur avec des chaufferies bois, le photovoltaïque et la géothermie. L'ambition est de porter la part des énergies renouvelables et de récupération à 44 % de la consommation d'ici 2030.

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Production équivalente à 9 000 logements

L'objectif est de produire 10 gigawatts-heure en 2026, puis 31,7 GWh en 2029, soit l'équivalent de la consommation de 9 000 logements ou de 124 bus, selon Frédéric Rolland. Parallèlement, la Régie des eaux et la Métropole travaillent sur la réutilisation des eaux usées via le projet Life Rewa. Une unité mobile de traitement filtre l'eau pour des usages comme le nettoyage de la voirie, l'arrosage ou l'irrigation agricole. La Métropole vise 111 000 m³ d'eau recyclée par an, sur les 32 millions de m³ rejetés par les treize stations du territoire.

Un site à énergie positive

Le biométhane issu des boues rejette six fois moins de gaz à effet de serre que le gaz fossile. Maera disposera d'une unité de valorisation énergétique des boues de 24 GWh, dont la moitié pour le fonctionnement de la station et l'autre pour chauffer 3 000 logements. Des panneaux photovoltaïques généreront 25 GWh supplémentaires. « À l'issue des travaux, la station produira deux fois plus d'énergie qu'elle n'en consomme », souligne la Métropole. « On est en avance sur les normes européennes », assure Manu Reynaud, président de la régie des eaux. L'objectif est de tripler la production d'énergie sur la métropole entre 2020 et 2030. « Ici, c'est autant l'imagination que le volontarisme qui sont au pouvoir », conclut Michaël Delafosse.

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