Comment rafraîchir des locaux sans avoir recours à la climatisation ? Cette question est plus que jamais d'actualité avec les fortes chaleurs précoces de cette année. Grâce au programme national pilote Racine (Recherche pour l'adaptation aux canicules à l'intérieur de nos écoles), porté par Actee (Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique), des solutions ont été mises en œuvre avec succès à l'école du Collet-de-Gasq, située à Saint-Vallier-de-Thiey, dans les Alpes-Maritimes.
Un an de travaux à moindre coût
Lancé il y a un an, le projet Racine vise à expérimenter des adaptations rapides à la chaleur dans les bâtiments scolaires. À Saint-Vallier-de-Thiey, l'adjoint délégué à la Transition énergétique, Gilles Dudouit, et la cheffe de projets des Petites villes de demain, Valérie Bandecchi, ont saisi cette opportunité. Leur demande a été retenue, faisant de cet établissement le seul sélectionné en région Sud-Paca parmi les quinze écoles pilotes de l'Hexagone.
Le programme ne couvre pas l'intégralité de l'investissement de 22 519 euros hors taxes nécessaire à la mise en place des dispositifs, mais il a permis de lancer une étude des problématiques dès l'été 2025. Des sondes déployées lors de la canicule de fin juin avaient relevé des températures allant jusqu'à 30 °C dans les salles de classe. La commune et Actee ont alors mis en œuvre une série de dispositifs de protection solaire et de rafraîchissement passif, sans aucun recours à la climatisation.
Des solutions simples, locales et peu coûteuses
Amaury Fievez, chercheur au sein d'Actee et pilote du projet Racine, explique : « C'est un projet de recherche-action. Le plan d'actions issu des ateliers a été construit selon la grille du programme : protéger en limitant les apports solaires, rafraîchir en améliorant le confort ressenti et décharger en évacuant la chaleur de la nuit. » Les solutions retenues devaient être simples à mettre en place, peu coûteuses et non énergivores.
Les services techniques de Saint-Vallier-de-Thiey, sous la direction de Gérald Rebuffo, ont déjà réalisé en régie des brise-soleil fixes sur la partie la plus exposée du bâtiment des primaires, pour un montant de 1 800 euros. Ces brise-soleil permettent, sans danger, l'ouverture des fenêtres la nuit. D'autres aménagements ont suivi :
- Pose de stores bannes sur les façades des deux classes de maternelle pour 16 110 euros.
- Installation de protections solaires sur les nombreuses baies vitrées de l'établissement (1 200 euros).
- Mise en place d'une ventilation mécanique d'appoint par quatre brasseurs d'air dans deux des classes les plus exposées (7 900 euros fournitures et pose).
Les brasseurs d'air, s'ils n'abaissent pas la température de l'air, améliorent le confort ressenti en accélérant l'évaporation cutanée, pour une consommation de seulement quelques dizaines de watts. Le dernier point fort du projet repose sur la ventilation nocturne grâce à l'utilisation de fenêtres à soufflet, une technique que les autres écoles pilotes n'exploitaient pas, mais qui existait heureusement dans les classes du Collet-de-Gasq.
Un modèle pour d'autres communes
Tous ces dispositifs intéressent plusieurs communes des agglomérations du Pays de Grasse et de Sophia Antipolis. Une journée d'information organisée par les élus Gilles Dudouit et Michel Joy à l'espace du Thiey a permis de partager ces retours d'expérience. Le programme Racine élargit son expérimentation en 2026 avec une nouvelle session de quinze écoles au niveau national.
Un peu d'histoire
Construite en 1994, à une époque où le problème climatique n'était pas autant à l'ordre du jour, l'école du Collet-de-Gasq est un beau bâtiment d'architecte. Le béton est omniprésent à l'extérieur et de larges baies vitrées laissent entrer lumière et chaleur. Une structure qui contraste avec l'intérieur fait de longs couloirs très hauts de plafond et de grandes classes aux charpentes apparentes en bois. Située en pleine nature, l'école est dirigée par Virginie Brundo et accueille 131 élèves d'élémentaire et de maternelle.



