La centrale solaire de Cestas, plus vaste de France, modèle d'intégration écologique
Cestas : la plus grande centrale solaire de France, un havre écologique

La centrale solaire de Cestas, un géant français aux performances remarquables

Installée depuis 2015 sur une ancienne pinède privée endommagée par la tempête Klaus, la centrale photovoltaïque de Cestas, qui s'étend sur 260 hectares, conserve son statut de plus vaste de l'Hexagone. Bien qu'elle ait été dépassée au niveau européen par des parcs en Allemagne ou en Espagne, elle demeure la première en France, comme le rappelle Lionel Debril, ingénieur développement pour Neoen, le groupe propriétaire du site.

Le parc héberge pas moins de 983 500 panneaux solaires, pour une puissance installée de 300 MWc et une production annuelle de 345 GWh. Cette énergie suffit à alimenter la consommation d'environ 250 000 habitants, une contribution significative à la transition énergétique.

Une intégration locale et écologique exemplaire

Sous le doux soleil d'avril, le site offre un paysage surprenant : un lac scintillant de panneaux, survolé par des avions et quelques buses, avec pour fond sonore le gazouillis des passereaux et le sifflement des onduleurs. Loin de l'image d'une installation industrielle intrusive, la centrale se veut un havre de paix et un modèle d'intégration écologique.

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« On a une richesse écologique au sein de la centrale dont on n'a pas à rougir », souligne Lionel Debril. Sous les panneaux, un petit écosystème s'est développé : la végétation reprend vite ses droits, entretenue en partie par écopâturage avec un troupeau de 120 moutons. Une zone humide préservée de cinq hectares sert de réserve de biodiversité locale, accueillant faucons crécerelles, canards colverts et le fadet des laîches, papillon emblématique des Landes de Gascogne.

Des hôtels à insectes, nichoirs à oiseaux, gîtes à chauve-souris, abris pour reptiles et haies d'arbres fruitiers parsèment le site. Des écologues ont même installé des pièges photographiques pour observer la faune, capturant des images de buses variables, hérons gardes-bœufs, hérissons, batraciens et lièvres.

Performance technique et sécurité renforcée

La centrale affiche des performances énergétiques « meilleures que prévues », grâce notamment à un système d'exposition est-ouest des panneaux qui optimise la production. Pour détecter les panneaux défaillants, un drone équipé d'une caméra thermique survole régulièrement le parc. « On en remplace très peu, une centaine par an », précise Romain Ruiz, ingénieur exploitation solaire.

La sécurité est également une priorité. Le site est surveillé et relié à une société de gardiennage, bien qu'un important vol de câbles ait eu lieu en juillet dernier. Les pompiers de Cestas, en manœuvres sur place, jugent que « les parcs solaires ne sont pas des nids à feu », notamment grâce à une maintenance rigoureuse assurée par la société Clemessy, filiale d'Eiffage, en partenariat avec Schneider.

Une équipe permanente d'au moins six techniciens travaille sur le site, occupant un bâtiment en dur près du transformateur haute tension. Le nettoyage des panneaux, qui commence en mai après les pollens des pins, prend quatre mois, illustrant l'ampleur des tâches d'entretien.

Retombées économiques et projet d'avenir

Le parc solaire occupe environ 2,5 km² sur les presque 100 km² de la commune de Cestas. En compensation de l'installation, ses concepteurs ont planté 225 hectares de bois en Gironde et rétrocédé 140 hectares de forêt à la Ville. La centrale reverse chaque année des taxes significatives : taxe foncière (CFE) à la commune (39 030 euros en 2025) et à la CdC Jalles eau Bourde (94 951 euros), ainsi qu'environ deux millions d'euros de taxe Ifer, répartis entre le Département et la CdC.

Neoen est également sponsor du Rugby Club Cestadais depuis dix ans, renforçant son ancrage local. Quant au projet phare et controversé Horizeo, porté avec Engie et RTE sur 700 hectares à Saucats, « il est toujours en cours d'instruction », selon Lionel Debril. Des compléments d'études demandés par l'État seront apportés au plus tard en septembre 2026, laissant présager une relance du dossier.

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« Tout ce qui est grand n'est pas forcément méchant », plaide Lionel Debril, espérant que la vitrine solaire de Cestas servira de modèle pour les futurs projets. Avec son bilan écologique positif et ses performances techniques, cette centrale démontre que production d'énergie renouvelable et préservation de la biodiversité peuvent aller de pair.