Depuis le 12 mars 2026, les résidents du quartier Laguens, à Léon, sont mobilisés contre un projet de centrale photovoltaïque. Ce jour-là, ils ont découvert un avis d'enquête publique concernant une demande d'autorisation de défrichement et de permis de construire pour l'installation de plus de 16 000 modules solaires sur un site naturel bordant la route du quartier.
Un projet contesté dès le départ
Le projet, porté par un privé, prévoit le défrichement de 13 hectares, auxquels s'ajoutent 3,5 hectares pour l'obligation légale de débroussaillement. Au total, 16 648 panneaux solaires d'une puissance unitaire de 700 watts-crête doivent être installés sur deux parcs contigus.
La demande de défrichement et le permis de construire ont été déposés en mairie respectivement le 23 septembre et le 14 octobre 2025. La commune et la communauté de communes ont émis un avis défavorable, estimant que le projet n'est pas conforme au SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) et que les parcelles sont classées en zone naturelle (N) au PLUi, ce qui interdit ce type de réalisation.
Un site écologiquement sensible
Le collectif de Léonnais s'insurge contre la destruction de ce terrain sylvicole de qualité. Le site se trouve dans un réservoir de biodiversité et un boisement de conifères, avec une partie en zone humide protégée. Les opposants dénoncent une étude d'impact insuffisante, notamment sur les mammifères autres que la « petite faune ».
L'enquête publique, diligentée par la préfecture malgré les avis défavorables de l'Unité départementale de l'urbanisme et du patrimoine des Landes, de la MRAe et de l'Union landaise de défense forestière contre les incendies, inquiète les riverains. Ils s'interrogent sur l'impact réel sur la biodiversité et les conséquences de l'artificialisation de cette forêt de jeunes pins maritimes (10 à 25 ans), loin de leur maturité pour une coupe rase en gestion raisonnée.
Risque incendie et mobilisation
Les habitants craignent également une aggravation du risque d'incendie dans ce quartier rural d'une cinquantaine d'habitations disséminées en forêt. Selon eux, ces impacts sont « minimisés » ou « passés sous silence » dans le rapport de présentation.
Pour alerter les autorités, une pétition a été mise en ligne le 31 mars sur Change.org (« Non à la centrale photovoltaïque de Léon »), recueillant plus de 1 000 signatures. Les initiateurs rappellent qu'il est essentiel de contribuer au registre de l'enquête publique, ouvert en mairie ou par courriel à ddtm-bajep-participation-du-public@landes.gouv.fr, avant le jeudi 30 avril à midi.



