Beyond the Sea révolutionne la navigation avec des voiles de kite pour décarboner le secteur maritime
De 10 m² à 800 m², la société Beyond the Sea conçoit des voiles de kite innovantes pour décarboner la plaisance, la pêche et le transport maritime. Fondée par le marin Yves Parlier, cette entreprise présente ses solutions lors du Salon international des multicoques à La Grande-Motte, visant à réduire drastiquement l'usage des carburants fossiles.
Des racines ancrées dans le berceau du kite contemporain
Beyond the Sea puise ses origines dans le Languedoc, entre Montpellier, Carnon et l'étang de Thau, où le kite moderne a émergé. Éric Pelaprat, fondateur de l'école de kite Fil d'air à Mèze en 1998, a collaboré avec Yves Parlier dès 2007. Ensemble, ils ont testé des prototypes sur l'étang de Thau, démontrant que les voiles de kite offraient une navigation plus rapide et sécurisée que les gréements traditionnels.
Yves Parlier, vainqueur de courses prestigieuses comme le Figaro et la Transat anglaise, a toujours eu pour projet de décarboner le transport maritime. "En 85, quand je gagne la Mini-Transat, Sylvain Berthommé arrive 3e avec déjà un kite de 20 m², en complément de sa mâture classique. Et ça marchait", explique-t-il. Cette inspiration a conduit à la création de Beyond the Sea en 2014.
Une gamme de produits pour tous les types de navires
Beyond the Sea propose aujourd'hui plusieurs modèles de voiles de kite adaptés à différentes tailles de bateaux :
- LibertyKite : conçu pour les petits bateaux, il privilégie la sécurité et la stabilité, sans nécessité de pilotage.
- SeaKite : destiné aux grands navires, ce modèle est automatisé et piloté par ordinateur, offrant une traction puissante.
- DynaKite : le dernier-né, ciblant les navires de 12 à 25 m, notamment pour la pêche professionnelle et les services maritimes.
Ces innovations permettent des économies de carburant allant jusqu'à 30%, un avantage crucial face à la flambée des prix du fioul dans les ports français. Plus de 300 voiles ont déjà été commercialisées, tractant des navires allant de 4 m à 160 m, avec un projet en cours pour un navire de 330 m.
La technologie du kite : une force de traction exceptionnelle
Le kitesurf a révolutionné l'approche en utilisant la portance plutôt que la traînée. "Un kitesurf arrive à remonter au vent, il a un profil aérodynamique qui ne change pas, que l'on soit bâbord ou tribord amure", précise Yves Parlier. Cette capacité à exploiter les vents en altitude, où ils sont plus forts, multiplie la traction par dix à cinquante par rapport à une voile équivalente.
Résultat : une force de traction de 100 kg/m², atteignant 80 tonnes pour le kite de 800 m² en développement à La Teste-de-Buch. Seulement onze à douze nœuds de vent suffisent pour activer le système, rendant la navigation plus sécurisée et stable. Le SeaKite est même utilisé comme engin de secours en course au large.
Collaboration avec la recherche et avenir prometteur
Beyond the Sea collabore avec Loïc Daridon du Laboratoire de mécanique et génie civil de l'Université de Montpellier depuis 2022, pour optimiser les systèmes de pilotage et la modélisation des kites. "C'est le temps de la maturité du kite !", s'enthousiasme Éric Pelaprat, chef de projet.
Avec 49 employés, dont trois quarts d'ingénieurs issus de l'aérospatiale, Beyond the Sea continue d'innover pour promouvoir une navigation durable. Ses voiles de kite représentent un condensé de technologies au service de la décarbonation maritime, ouvrant la voie à un avenir plus vert pour le secteur.



