Sainte-Eulalie-de-Cernon lance l'autoconsommation solaire collective
Autoconsommation solaire collective à Sainte-Eulalie-de-Cernon

Depuis le 1er octobre, près de la moitié des habitants de Sainte-Eulalie-de-Cernon, dans le sud-Aveyron, sont connectés aux panneaux photovoltaïques installés par la mairie. Cette initiative d'autoconsommation collective d'énergie solaire est une première dans la région.

Un projet né des contraintes urbanistiques

Être une commanderie templière est un bel atout touristique pour la petite commune de Sainte-Eulalie-de-Cernon, mais dans un village qui a des ambitions de développement, c'est aussi une contrainte urbanistique permanente. Pour que les habitants puissent bénéficier de garages, en extérieur du périmètre historique, une société coopérative d'intérêt collectif a vu le jour. Cette SCIC a depuis repris l'épicerie qui fonctionne à l'année avec succès.

Cette fois, c'est l'interdiction de poser des panneaux photovoltaïques sur les toits qui a été le moteur d'une autre initiative. « Nous avons investi près de 300 000 € pour poser 600 mètres carrés de panneaux solaires sur le toit de la salle des fêtes, des hangars municipaux, et sur les garages, explique le maire Thierry Cadenet. Mais, à la différence d'autres communes qui revendent l'électricité à Enedis, ou qui l'utilisent pour la consommation des bâtiments municipaux, nous, nous en avons fait un projet collectif : l'auto-consommation collective pour les habitants. Et pour la commune, c'est gagnant. »

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Un tarif garanti 10 % moins cher

Sur une commune de 300 habitants (600 l'été), 120 foyers ont adhéré à l'association EMC2 – comme Énergie Mutualisée en Circuit Court – qui, avec le concours de la coopérative Sud Energia, porte le projet. Moyennant une adhésion de 10 euros par an, les habitants ont la garantie d'avoir de l'électricité renouvelable à un tarif de 10 % de moins que celui de leur fournisseur habituel. De plus, la taxe Accise d'un montant de 3,5 centimes d'euros par KWE (que nous payons sur nos factures) ne concerne pas le photovoltaïque.

Quelle sera la part, sur la consommation globale d'un foyer, du renouvelable et de l'énergie « classique » ? Probablement entre 10 et 20 %. Sur cette part, la baisse attendue est d'environ 30 %.

Un système simple et vertueux

« Enedis demeure l'entité de distribution de l'énergie et gère les clés de répartition entre les foyers. Il n'y a pas de travaux à réaliser, c'est très simple », explique Hubert Labourdette, secrétaire de l'association EMC2. « L'association s'engage aussi auprès des habitants à ce que la hausse annuelle ne dépasse pas 0,5 % par an. Donc nous parlons d'une énergie qui, en plus d'être décarbonée, ne sera pas soumise aux fluctuations des matières premières, ou aux questions de géopolitique. C'est vertueux, et surtout cela engage les gens à réfléchir à leur consommation. »

Avec l'énergie renouvelable, il est en effet plus intéressant de faire tourner son lave-linge en plein jour, plutôt qu'aux heures creuses de la nuit. Quelques habitants testent également une télécommande connectée leur permettant de programmer leur chauffe-eau, en fonction de critères météo évalués la veille.

Un modèle qui essaime

À Sainte-Eulalie-de-Cernon, l'autoconsommation collective est devenue effective le 1er octobre dernier. Et, depuis, Hubert Labourdette est allé prêcher la bonne parole auprès de la commune de Mostuéjouls. Ce modèle pourrait bien faire des émules dans d'autres villages ruraux soucieux de maîtriser leur facture énergétique tout en agissant pour le climat.

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