L'IAflation : l'intelligence artificielle pourrait faire grimper les prix
IAflation : l'IA pourrait faire grimper les prix

L'intelligence artificielle (IA) pourrait être à l'origine d'une nouvelle vague d'inflation, surnommée « IAflation », selon une étude de la banque d'affaires Goldman Sachs. Ce phénomène, comparable à l'inflation engendrée par la crise énergétique de 2022-2023, risque de peser sur le pouvoir d'achat des ménages et de bouleverser le marché du travail.

Une hausse des prix inédite

D'après les économistes de Goldman Sachs, l'adoption massive de l'IA dans les entreprises pourrait entraîner une augmentation des prix de 1 à 2 points de pourcentage par an dans les économies développées. Cette prévision se base sur l'impact de l'IA sur la productivité et les coûts de production. « Nous assistons à un choc d'offre négatif, où l'IA, bien qu'elle améliore l'efficacité, nécessite des investissements colossaux en infrastructures et en formation », explique Jan Hatzius, économiste en chef chez Goldman Sachs.

Les secteurs les plus exposés

Les secteurs où l'IA est le plus déployée, comme la finance, la santé et les technologies de l'information, devraient connaître les hausses de prix les plus marquées. En revanche, les industries manufacturières pourraient bénéficier de gains de productivité qui compenseraient partiellement l'inflation. « L'IA va créer une dualité : d'un côté, des emplois hautement qualifiés verront leurs salaires augmenter, de l'autre, les emplois répétitifs seront automatisés, ce qui pourrait accroître les inégalités », précise l'étude.

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Un impact sur l'emploi

Goldman Sachs estime que l'IA pourrait remplacer l'équivalent de 300 millions d'emplois à temps plein dans le monde, tout en en créant de nouveaux. Ce phénomène de « destruction créatrice » pourrait toutefois être plus brutal que lors des révolutions technologiques précédentes. « La transition sera rapide, et les travailleurs peu qualifiés risquent d'être les plus touchés », avertit l'économiste.

Les banques centrales en alerte

Face à cette perspective, les banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE), surveillent de près l'évolution des prix. « Si l'IAflation se matérialise, les banques centrales pourraient être contraintes de relever leurs taux d'intérêt plus longtemps que prévu », souligne l'étude. Cela pourrait freiner la croissance économique et augmenter le coût du crédit pour les ménages et les entreprises.

Des mesures d'accompagnement nécessaires

Pour atténuer les effets négatifs de l'IAflation, les gouvernements sont invités à investir dans la formation professionnelle et à renforcer les filets de sécurité sociale. « Il est crucial d'anticiper ces mutations pour éviter une fracture sociale », conclut Jan Hatzius. L'étude recommande également de favoriser l'innovation tout en régulant l'impact de l'IA sur le marché du travail.

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