Face au choc pétrolier, 100 000 voitures électriques pour les auxiliaires de vie !
Une cinquantaine d'élus et de personnalités, dont Thomas Pellerin-Carlin, Raphaël Glucksmann, Aurore Lalucq, Karima Delli, Yannick Jadot et Christophe Cassou, lancent un appel pressant pour la mise en place d'un dispositif de leasing social. Ce mécanisme vise à faciliter l'accès à des véhicules décarbonés, notamment pour les auxiliaires de vie, dans un contexte de crise énergétique exacerbée par les conflits internationaux.
La dépendance aux énergies fossiles, un fardeau pour les plus modestes
La France n'a pas choisi la guerre en Iran, mais ses citoyens en subissent les conséquences à la pompe. Cette situation découle d'un choix politique ancien et assumé : maintenir une dépendance aux énergies fossiles. Aujourd'hui, les deux tiers de l'énergie finale consommée en France proviennent du pétrole et du gaz, condamnant la population à la volatilité des prix. Quand le prix du pétrole augmente, ce ne sont pas les dirigeants étrangers qui paient, mais des travailleurs comme Angélika, auxiliaire de vie, contrainte d'utiliser sa voiture pour assister nos aînés.
Malgré la répétition des chocs pétroliers, certains dirigeants sont tentés de reproduire les erreurs du passé, en niant l'ampleur de la crise ou en subventionnant le pétrole, une approche qualifiée de non-sens stratégique et de faute politique. Pourtant, un autre monde est possible, car la France dispose d'électricité et d'idées pour rompre avec cette dépendance.
La voiture électrique, une solution économique et sociale
Des dizaines de millions de Français, notamment en zones rurales et périurbaines, dépendent de leur voiture pour travailler. Pour les auxiliaires de vie, dont le métier exige des déplacements constants, pas de voiture signifie pas de travail ni de soins. Lorsque les prix du carburant s'envolent, leur pouvoir d'achat s'effondre dramatiquement.
La voiture électrique offre une alternative viable : rouler à l'électrique coûte trois à cinq fois moins cher qu'avec un véhicule à pétrole. Par exemple, pour une auxiliaire de vie parcourant 100 km par jour, un diesel à 2 euros le litre engendre des coûts supérieurs à 300 euros mensuels. Avec une voiture électrique, la facture tombe sous les 100 euros. Même avec un loyer de leasing social à 120 ou 150 euros par mois, le passage à l'électrique représente non seulement un progrès écologique, mais aussi un gain de pouvoir d'achat immédiat et un progrès social significatif.
Une mesure d'urgence : 100 000 voitures électriques maintenant
Le collectif exige une mesure claire et forte : la mise en place d'un leasing social dédié aux auxiliaires de vie, permettant l'accès à 100 000 véhicules propres sans délai. Le coût pour l'État serait minime, estimé à environ 0,6 milliard d'euros, avec un impact économique global positif. Ces voitures seraient fabriquées en Europe, largement en France, utilisant des composants provenant d'usines comme celles de Dunkerque, Mondeville et Cléon, et assemblées dans des sites français tels que Douai.
Cette mesure incarne la rupture nécessaire : la révolution énergétique. Il s'agit de rompre avec les énergies fossiles, de refuser que les crises au Moyen-Orient soient payées par les plus modestes, et de choisir de protéger ceux qui maintiennent le pays debout. La question n'est plus de savoir si nous devons changer, mais combien de chocs seront nécessaires avant d'agir.
Parmi les premiers signataires figurent des députés européens, des élus locaux, des chercheurs et des experts, unis pour défendre cette initiative urgente et concrète.



