Le président du Parc national des Cévennes (PNC), Stéphan Maurin, exprime une vive opposition au projet de fusion des onze parcs nationaux français avec l'Office Français de la Biodiversité (OFB). Cette proposition, issue d'un rapport sénatorial rendu public début juillet, s'inscrit dans le cadre du plan d'économie de 40 milliards d'euros annoncé par le gouvernement. Elle suscite une polémique grandissante parmi les syndicats, employés et directeurs des parcs nationaux.
Une proposition mal accueillie
Stéphan Maurin critique vivement le manque de consultation préalable : "Je n'ai pas vu un sénateur au kilomètre carré depuis que je suis président du conseil d'administration du PNC. On n'a pas du tout été consulté !" Cette colère est partagée par les autres parcs nationaux, notamment le parc du Mercantour qui a déjà lancé une pétition recueillant plus de 22 000 signatures et mené une opération de tractage cet été.
Un mode de gouvernance menacé
Les parcs nationaux sont des établissements publics autonomes décentralisés, dotés d'une gouvernance participative incluant élus locaux, agents et associations, conformément à la loi Giran de 2006. Le rattachement à l'OFB entraînerait la disparition de ce modèle basé sur une gestion locale et participative. "On a fait des rapprochements avec l'OFB ces dernières années, mais on ne peut pas le faire au prix de la disparition totale de nos parcs", explique Maurin.
Des économies jugées insignifiantes
Le président du PNC estime que les économies réalisées seraient dérisoires : "Ce n'est pas avec les 8 ou 9 millions d'euros de chaque parc qu'on comblera les 40 milliards qui manquent." Il dénonce un "très mauvais calcul" et craint une perte de liberté décisionnelle. "Dans ce projet, on perdrait vraiment toute notre liberté dans la prise de décision. Ça serait une catastrophe."
Un précédent inquiétant
La fusion de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) avec l'Agence française pour la biodiversité (AFB) en 2019 est citée comme un précédent, mais les parcs nationaux diffèrent par leur gouvernance territoriale. Stéphan Maurin s'inquiète d'un nouveau recul des services publics : "Il y a un sentiment d'abandon. On est là pour dialoguer, échanger. Si on n'est plus là, qui va le faire ?"
Le président du PNC se dit prêt à se mettre en "mode combat" dès la rentrée, avant la présentation officielle du budget par le Premier ministre à l'automne.



