À Béziers, l'association de riverains de Montimas dénonce son exclusion de la Commission du suivi de site d'enfouissement des déchets de Saint-Jean-de-Libron, qui doit se réunir ce mardi 23 septembre. Deux camps s'opposent : d'un côté, un déni de démocratie ; de l'autre, le respect du droit.
Une exclusion contestée
La sous-préfecture de Béziers n'a pas autorisé l'association des riverains de Montimas à conserver sa place au sein de la Commission de suivi de site (CSS) de la décharge de Saint-Jean-de-Libron, une Installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) gérée par l'Agglo, qui a causé de nombreuses nuisances olfactives aux habitants.
La sous-préfecture explique : "Un travail d'actualisation et d'harmonisation des CSS a été engagé pour améliorer leur représentativité et permettre à des associations ayant une expertise avérée d'y siéger." Lors du renouvellement de la composition de cette CSS par un décret de décembre 2024, le sous-préfet Jacques Lucbéreilh a jugé que le Comité de défense de Badones-Montimas (CDBM) n'était plus représentatif des riverains du quartier. "Il est apparu que cette structure ne figure plus au nombre des comités de quartier établis par la mairie de Béziers", précise la sous-préfecture.
La réaction de l'association
François Marc-Antoine, président du CDBM, dénonce cette décision : "La mairie boycotte notre comité et donc la sous-préfecture est aux ordres de la mairie ?" Il rappelle que son comité existe depuis 1992 et siégeait au CSS depuis 2007. "Nous connaissons mieux le dossier que les services de l'État eux-mêmes. Le Code de l'environnement ne prévoit pas de critère de représentativité. Il n'y a aucun fondement juridique. On ne veut plus des riverains car ils critiquent", estime ce juriste.
La position du maire
Robert Ménard, maire de Béziers et président de l'Agglo, maintient sa position : le CDBM n'est plus reconnu comme un comité de quartier. "Il est représentatif de rien du tout. Il ne fait plus son travail, ne se réunit jamais, on n'a jamais de réunions avec eux. La seule chose qui me préoccupe, c'est que l'ISDND ne pose plus de problèmes comme avant."
François Marc-Antoine reconnaît que la situation s'est améliorée depuis 2024, mais souligne que des odeurs fortes et des irritations oculaires sont encore survenues cet été. "Si nous ne sommes pas là pour le faire remonter, qui le fera ?" Les deux associations environnementales nommées par la préfecture – France Nature Environnement et LPO Occitanie – ne seront pas présentes ce mardi 23 septembre.



