Bilan écologique d'Emmanuel Macron : entre promesses et renoncements
Bilan écologique de Macron : promesses vs renoncements

Le bilan environnemental d'Emmanuel Macron : un parcours contrasté

En matière d'écologie, le mandat d'Emmanuel Macron présente un visage profondément contrasté, oscillant entre des engagements ambitieux et des reculs significatifs. Le président français, qui avait lancé le slogan "Make our planet great again" en 2017, semble aujourd'hui bien loin de cette promesse environnementale initiale.

Les victoires environnementales du début de mandat

Le premier quinquennat d'Emmanuel Macron a été marqué par plusieurs décisions environnementales notables :

  • L'abandon définitif du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes
  • L'arrêt du projet minier de la Montagne d'or en Guyane
  • L'annulation du projet EuropaCity près de Roissy, qui aurait détruit 770 hectares de terres agricoles
  • L'interdiction des pailles en plastique à usage unique

Ces décisions ont constitué des avancées concrètes dans la protection des écosystèmes et des terres agricoles, témoignant d'une volonté politique initiale en faveur de l'environnement.

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Les reculs et les renoncements progressifs

Malheureusement, cette dynamique positive s'est progressivement essoufflée, laissant place à une série de reculs environnementaux :

  1. Le report de l'interdiction du glyphosate, pourtant initialement prévue
  2. L'adoption de la loi Duplomb facilitant la construction de mégabassines
  3. L'autorisation de l'agrandissement des élevages hors-sol
  4. Le maintien de l'utilisation intensive de pesticides dans l'agriculture
  5. Les hésitations constantes autour de MaPrimeRénov' et des aides aux énergies renouvelables

L'abandon des dispositifs clés : ZFE et ZAN

La suppression progressive des Zones à faibles émissions (ZFE) et le recul sur les zones Zéro artificialisation nette (ZAN) symbolisent particulièrement ce changement de cap. Ces dispositifs, pourtant essentiels à la transition écologique, ont été progressivement démantelés ou affaiblis.

Le recul sur les ZAN est particulièrement préoccupant, car il autorise la bétonisation de 25 000 hectares supplémentaires de terres naturelles et agricoles, en contradiction totale avec les engagements initiaux de protection des sols.

La question de l'incarnation politique

La succession rapide des ministres chargés de l'écologie et leur relative invisibilité ont contribué à affaiblir la politique environnementale du gouvernement. Depuis le départ retentissant de Nicolas Hulot en 2018, aucun ministre n'a véritablement réussi à incarner la transition écologique avec la force et la conviction nécessaires.

Cette instabilité ministérielle a créé une véritable confusion, au point qu'une ministre actuelle du gouvernement reconnaissait récemment ne plus savoir si le Premier ministre était toujours chargé de la planification écologique.

Les raisons politiques des renoncements

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution vers une politique environnementale plus timorée :

  • La crise des "gilets jaunes" qui a mis en lumière les tensions sociales liées à la transition écologique
  • Les mouvements de protestation des agriculteurs préoccupés par leurs conditions économiques
  • Un calcul politique selon lequel il y aurait "moins à perdre à ne rien faire" sur le plan électoral

Cette approche prudente, voire frileuse, contraste fortement avec la promesse faite par Emmanuel Macron en 2022 : "Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas".

Un bilan en demi-teinte

Le bilan environnemental d'Emmanuel Macron apparaît donc comme profondément contrasté. Si les premières années ont été marquées par des décisions courageuses en faveur de l'écologie, la fin du second mandat révèle une tendance nette au renoncement et à la prudence politique.

La Convention Citoyenne pour le Climat, présentée comme une innovation démocratique majeure, n'a finalement produit que des résultats limités, illustrant l'écart entre les ambitions affichées et les réalisations concrètes.

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Le contraste entre la liste des victoires environnementales (concentrées au début du premier mandat) et celle des défaites (accumulées à la fin du second mandat) révèle une évolution significative de la politique écologique du gouvernement, passant de l'audace à la prudence, des promesses aux renoncements.