Municipales 2026 à Nîmes : les candidats confrontés à la gestion de l'eau par Eau Secours 30
Lors de son assemblée générale, l'association Eau Secours 30 a convié les six candidats aux élections municipales de mars 2026 à s'exprimer sur cinq thèmes majeurs portant sur la gestion de l'eau et de l'assainissement. Cinq d'entre eux ont répondu présent : Vincent Bouget (PC), Bernard Enjolras (représentant Franck Proust, LR), Valérie Rouverand (représentant Julien Plantier, DVD), Pascal Dupretz (LFI) et Jean-Marc Philibert (sans étiquette). Chaque candidat disposait d'environ trois minutes pour se positionner, offrant un aperçu des débats locaux sur ces enjeux environnementaux cruciaux.
La délégation de service public : un sujet controversé
Les avis sur la délégation de service public divergent nettement parmi les candidats. Valérie Rouverand estime qu'elle "permet d'avoir des exigences que le politique mettra en place dans un cahier des charges qu'il pourra contrôler". À l'inverse, Vincent Bouget la juge "inacceptable car l'étude n'a pas été suffisamment investiguée". Jean-Marc Philibert argumente qu'"aujourd'hui, il n'y a pas d'usagers, que des clients, et la différence est que l'usager va se servir d'un bien public, et le client d'un bien propriété d'une multinationale". Pascal Dupretz "souhaite soustraire la gestion de l'eau aux intérêts privés et capitalistes". Enfin, Bernard Enjolras souligne qu'elle est "quelque chose d'important en matière de gestion de données".
Sortir des polluants éternels : un consensus émergent
Sur la question des PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, dites polluants éternels), les cinq candidats s'accordent, avec des nuances, sur plusieurs points :
- Respecter les réglementations des autorités de contrôle comme l'ARS et l'ANSES.
- Travailler sur une agriculture plus raisonnée et biologique.
- Sortir de tous les produits phytosanitaires contenant ces polluants.
- Prévenir les risques en sensibilisant les habitants.
Cette unanimité relative met en lumière la prise de conscience croissante des enjeux de santé publique liés à ces substances.
Tarification de l'eau potable : des approches divergentes
La tarification de l'eau potable divise davantage les candidats. Jean-Marc Philibert affirme que "sans parler de gratuité, le prix doit être le plus bas possible". Pascal Dupretz lie cette question au retour en régie publique, estimant que "la tarification peut difficilement être dissociable de celle du retour en régie publique". Bernard Enjolras propose de "poser la question au délégataire pour trouver des solutions innovantes, par exemple en favorisant la réutilisation". Valérie Rouverand insiste sur la transparence : "il ne peut y avoir aucune hausse sans qu'elle soit décidée et justifiée. La tarification doit être juste". Vincent Bouget voit dans le renouvellement du contrat "l'occasion de combiner une tarification progressive accompagnée de mesures sociales".
Aides pour l'assainissement non collectif et extension du collectif
Sur les aides pour la mise en conformité des installations d'assainissement non collectif, les avis convergent vers la nécessité de mettre en place des facilités de paiement, sans créer de rupture d'égalité avec les usagers du collectif. Concernant l'extension de l'assainissement collectif dans les rues à forte densité, les cinq candidats s'en remettent à la révision du plan local d'urbanisme (PLU), lancée cet automne. Ils soulignent l'importance d'études au cas par cas, avec Bernard Enjolras notant que "selon les lieux, il y aura certainement une étude au cas par cas. Il y a des zones qui doivent rester naturelles".
Cette assemblée générale a ainsi permis de mettre en lumière les positions variées des candidats sur des sujets essentiels pour l'avenir de Nîmes, montrant que la gestion de l'eau reste un enjeu politique majeur à l'approche des élections municipales de 2026.