Malgré un arc méditerranéen souvent inondé de lumière artificielle, de nombreux lieux préservés de la pollution lumineuse offrent des conditions idéales pour observer les étoiles. Leur merveilleux scintillement se révèle pleinement dans la nuit noire, une règle d'or pour les astronomes amateurs. En été, la Voie lactée, visible plein sud, se transforme en un feu d'artifice permanent, offrant un spectacle grandiose et gratuit.
Des spots d'observation accessibles près des villes
Selon Guillaume Cannat, spécialiste héraultais de l'astronomie, il n'est pas nécessaire de s'éloigner beaucoup pour admirer le ciel étoilé. Même depuis Montpellier, un déplacement de 15 à 20 kilomètres peut suffire, comme à Cazevieille près du Pic Saint-Loup. Les pentes de l'Aigoual constituent un spot idéal, notamment à la station de Prat-Peyrot, à 1 500 mètres d'altitude, où l'on bénéficie de l'un des ciels les plus noirs de France. Plus bas, à 1 200 mètres, le lac des Pises permet de s'émerveiller à l'œil nu, se sentant au beau milieu de la galaxie. L'observatoire de l'Aigoual lui-même lutte pour sa survie mais reste un lieu emblématique.
Un engouement permanent pour l'astronomie
Guillaume Cannat, qui tient le blog très suivi "Autour du Ciel", souligne que l'engouement pour l'astronomie est constant. C'est un moyen de s'évader à peu de frais, avec des phénomènes estivaux faciles à observer comme les étoiles filantes, ces poussières de comètes, notamment début août. La revue spécialisée Ciel et Espace consacre d'ailleurs un dossier dans son prochain numéro (en kiosque le 24 juin) à une carte des meilleurs sites d'observation en Méditerranée, incluant Aniane, le Sud-Aveyron, le Canigou et les Corbières, d'où l'on peut apprécier de somptueux amas d'étoiles.
Cette carte, réalisée par un astronome amateur, applique des taux de production lumineuse à des données géographiques (habitations, stades, gares, etc.), une première mondiale selon Philippe Hénarejos, rédacteur en chef. Elle permet de trouver d'un coup d'œil l'endroit le plus proche propice aux observations. L'idéal reste d'être au cœur des montagnes corses, des Alpes ou des Pyrénées, mais la bonne surprise est que de nombreux lieux sont épargnés par la pollution lumineuse, sauf Paris. Pour ceux qui résident sur la côte, suréclairée en été, Philippe Hénarejos conseille de se tourner vers la moitié du ciel vierge de pollution : la Méditerranée, à condition qu'il n'y ait pas trop d'humidité.
Des questions métaphysiques et des découvertes exoplanétaires
Rêver le nez dans les étoiles soulève des questions métaphysiques sur l'avenir de l'homme, d'autant plus que les découvertes de possibles "Terre-bis" se multiplient, comme Gliese 667 Cc ou Kepler 186 F, si proches et si lointaines à la fois.



