Pour faire face à la canicule, le bon réflexe n'est pas d'avaler un maximum d'eau, mais de s'hydrater régulièrement : en trop grande quantité, l'eau peut déséquilibrer l'organisme et provoquer une hyponatrémie. Midi Libre vous explique.
Qu'est-ce que l'hyponatrémie ?
L'hyponatrémie correspond à un défaut de concentration de sodium, donc de sel, dans le sang, explique July Joubault, médecin urgentiste au CHU de Montpellier. Ce n'est pas le reflet d'un manque de sel, mais le reflet qu'il y a trop d'eau. En gros, c'est comme un sirop qu'on aurait trop dilué. En temps normal, l'organisme sait s'adapter : lorsqu'on boit davantage, il élimine l'excédent, notamment par les urines. Mais chez certaines personnes fragiles, cette régulation peut être prise en défaut, souligne-t-elle.
Qui est à risque ?
Le risque ne concerne pas toute la population de la même manière. Les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques, d'insuffisance rénale, cardiaque ou hépatique, ou certains types de cancers, sont plus exposés. Mais aux urgences, la première cause d'hyponatrémie reste souvent médicamenteuse, souligne l'urgentiste : diurétiques, certains antidépresseurs ou antiépileptiques peuvent empêcher l'organisme de s'adapter correctement. Ce ne sont pas des médicaments qu'il faut arrêter quand il commence à faire chaud, mais cela nécessite une surveillance plus rapprochée, signale-t-elle.
Déshydratation : le risque principal reste la canicule
En période de canicule, l'hyponatrémie n'est pas le scénario le plus fréquent. Le principal risque, c'est vraiment la déshydratation qui entraîne plutôt une hypernatrémie, quand le sel devient trop concentré dans le sang, rappelle July Joubault. Aux urgences, les cas de déshydratation arrivent en masse, contrairement aux hyponatrémies, présentes toute au long de l'année.
Symptômes de l'hyponatrémie
Les symptômes peuvent tromper, car ils ressemblent à ceux d'une déshydratation ou d'un coup de chaleur : nausées, vomissements, maux de tête, désorientation, chutes inexpliquées, troubles de la conscience. Ce qui oriente vers l'hyponatrémie, c'est surtout le contexte, souligne July Joubault. Par exemple, un patient fragile à qui l'on a fait boire de très grandes quantités parce qu'il faisait chaud. Dans ses formes les plus sévères, l'hyponatrémie peut aller jusqu'aux convulsions, au coma, voire au décès si elle n'est pas prise en charge rapidement.
Quelle quantité d'eau boire ?
Le bon réflexe n'est donc pas de boire le plus possible, mais de boire correctement. Boire cinq litres d'eau, ça n'apporte rien quand il fait chaud. C'est à partir de là que ça peut commencer à être délétère, insiste l'urgentiste. En moyenne, elle conseille 1,5 litre d'eau par jour, jusqu'à deux litres en cas de très forte chaleur ou d'effort physique, en gardant une alimentation équilibrée. Si l'appétit baisse, mieux vaut fractionner les repas pour maintenir des apports en eau et en sel. Quant aux boissons aux électrolytes, elles ne sont pas nécessaires. Une alimentation normale suffit le plus souvent. Le danger serait plutôt de ne boire que de l'eau déminéralisée, a fortiori sans manger suffisamment : l'organisme ne reçoit alors plus assez de sodium, potassium ou magnésium, essentiels à son fonctionnement.



