Alors que la France connaît des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses, un collectif d'experts en éducation, santé et climat publie une tribune dans Le Monde pour réclamer une politique nationale d'adaptation des écoles aux canicules. Selon eux, les mesures actuelles, essentiellement locales, sont insuffisantes face à l'urgence climatique.
Des écoles mal préparées
En juillet 2026, une nouvelle canicule frappe l'Hexagone, avec des températures dépassant les 40°C dans plusieurs régions. Dans de nombreuses écoles, les salles de classe deviennent des fournaises, rendant les conditions d'apprentissage difficiles, voire dangereuses pour la santé des élèves et des enseignants. Les experts soulignent que 70% des bâtiments scolaires construits avant 2000 ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs.
Le collectif, composé de chercheurs, de syndicats enseignants et d'associations de parents d'élèves, estime que les solutions temporaires (ventilateurs, stores, horaires aménagés) ne suffisent plus. Il appelle à une rénovation thermique massive des écoles, à l'installation de systèmes de climatisation raisonnée et à la végétalisation des cours.
Des conséquences sur la santé et les apprentissages
Les experts rappellent que la chaleur excessive affecte la concentration, les capacités cognitives et peut provoquer des malaises, voire des coups de chaleur. Selon une étude de l'Inserm, les jours de canicule, les accidents scolaires augmentent de 15%. Les enfants, en particulier les plus jeunes, sont plus vulnérables car leur système de thermorégulation est moins efficace.
L'éducation nationale a déjà pris des mesures ponctuelles, comme la fermeture de certaines écoles lors des pics de chaleur, mais ces décisions sont laissées à l'appréciation des maires et des recteurs. Le collectif dénonce un manque de coordination et de vision à long terme.
Un appel à une politique nationale
Dans leur tribune, les signataires demandent au gouvernement de mettre en place un plan national d'adaptation des écoles au réchauffement climatique, doté d'un budget spécifique. Ils proposent notamment la création d'un label "école résiliente" pour encourager les bonnes pratiques, et l'intégration de la question climatique dans la formation des enseignants.
"Il ne s'agit pas seulement de confort, mais d'un enjeu de santé publique et de justice sociale", explique Sophie Martin, chercheuse en sciences de l'éducation et l'une des signataires. "Les écoles des quartiers défavorisés sont souvent les moins bien équipées, ce qui creuse les inégalités."
Le collectif estime le coût de la rénovation thermique des écoles à environ 10 milliards d'euros sur dix ans, un investissement qu'il juge indispensable pour préparer les générations futures à un climat plus chaud.



