Vigilance orange étendue à Paris et sa petite couronne
Ce jeudi 28 mai 2026, Météo-France a porté à 17 le nombre de départements en alerte orange canicule dans son bulletin de 6 heures. La capitale, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne s'ajoutent ainsi à 13 départements de l'ouest déjà concernés. Toutefois, la vigilance sera levée dès jeudi soir dans la Manche, le Finistère et les Côtes-d'Armor.
Les températures devraient atteindre 32 à 34 °C, localement 35 °C en région parisienne, tandis que des pointes maximales à 38-39 °C, inédites pour une fin mai, sont attendues dans le Sud-Est, notamment dans le Languedoc. Dès mercredi, la police patrouillait sur le canal Saint-Martin à Paris pour dissuader les baigneurs. Par ailleurs, 31 départements sont en vigilance jaune pour les orages et 30 en vigilance jaune canicule.
Réunion interministérielle et critiques de l'opposition
Face à cet épisode de chaleur d'une précocité historique, le Premier ministre doit présider une réunion interministérielle à Matignon pour préparer les services de l'État aux prochains mois d'été. Le ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, réunira une dizaine de ministres afin de travailler à un « plan d'endurance » pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.
La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, s'est dite « effarée par l'impréparation du gouvernement », dénonçant la baisse du Fonds vert et la lenteur des rénovations scolaires. Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat, a exhorté le gouvernement à « sortir de la gestion de crise au coup par coup et prendre des mesures structurantes, en particulier pour adapter les logements et les écoles aux fortes chaleurs ». Matignon rétorque que la crise est gérée au quotidien et que toutes les mesures ont été prises.
Pas de menace sur les examens du bac, selon le ministre
Interrogé sur France 2 mercredi soir, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a réaffirmé que « pour l'instant, il n'y a pas de menace sur les examens » du baccalauréat, relevant que la plupart des épreuves ont lieu le matin. Il a reconnu que les températures inhabituellement élevées ne sont pas des conditions optimales d'apprentissage, mais a rappelé des mesures de bon sens comme l'aération des salles et l'hydratation des élèves. Un « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » doit être publié ce jeudi.
Dégradation de la qualité de l'air et restrictions de circulation
L'épisode caniculaire précoce est causé par un « dôme de chaleur » persistant sur l'Europe de l'Ouest, qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord. Il a propulsé l'indicateur thermique national au niveau inédit de 24,9 °C mardi, après un premier record à 24,6 °C lundi. Ce phénomène, qui a déjà provoqué plusieurs décès en France, s'accompagne d'une dégradation de la qualité de l'air sur l'Hexagone, entraînant des épisodes de pollution critique à l'ozone sur plusieurs régions, comme l'Île-de-France et Rhône-Alpes.
La préfecture de police a annoncé l'entrée en vigueur en Île-de-France de mesures de restriction, dont la circulation différenciée, à partir de ce jeudi midi et jusqu'à samedi soir. Les experts d'Atmo France soulignent le caractère exceptionnel par son étendue géographique d'une telle pollution pour un mois de mai, et aucune amélioration notable n'est attendue avant le week-end.
Mesures locales et adaptation
Sur le terrain, les collectivités multiplient les mesures d'exception. Des fermetures d'écoles ont été décidées ce jeudi et vendredi après-midi à Mont-de-Marsan, les activités de plein air ont été annulées dans la Manche, et des structures d'accueil pour les sans-abri ont ouvert à Nantes et Saint-Nazaire. À Strasbourg, la chaleur perturbe le matériel roulant, forçant une réduction temporaire des lignes de tramway et de bus.
Partout, les habitants cherchent désespérément des îlots de fraîcheur face à un climat qui se réchauffe à un rythme accéléré, les prévisions officielles tablant sur un réchauffement moyen de 2,7 °C en France d'ici 2050. Un rapport de l'ONU révèle que les températures moyennes mondiales devraient se maintenir à des niveaux record ou quasi record sur la période 2026-2030, avec 75 % de probabilité que la moyenne dépasse de plus de 1,5 °C celle des niveaux préindustriels.



