Les émissions de gaz à effet de serre (GES) en France ont enregistré une baisse significative de 5,3% au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, selon les données provisoires publiées par le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). Cette diminution est principalement attribuée à la réduction de l'utilisation des énergies fossiles dans les secteurs du bâtiment et de l'industrie.
Des secteurs clés en forte baisse
Le secteur du bâtiment a vu ses émissions chuter de 12,5% sur un an, grâce à un hiver plus doux et à une meilleure efficacité énergétique. L'industrie a également réduit ses émissions de 6,8%, tandis que le transport routier, premier émetteur de GES en France, a connu une baisse modeste de 2,1%. En revanche, les émissions du secteur agricole sont restées stables.
Selon le Citepa, cette tendance devrait se poursuivre si les mesures du plan de sobriété énergétique sont maintenues. « Les efforts des entreprises et des ménages portent leurs fruits, mais il ne faut pas relâcher la pression », a déclaré un porte-parole du ministère de la Transition écologique.
Objectifs climatiques à l'horizon
La France s'est fixé pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d'ici 2030 par rapport à 1990. Cette baisse trimestrielle est encourageante, mais le rythme doit s'accélérer pour atteindre les cibles fixées par l'Accord de Paris. En 2025, les émissions françaises avaient déjà baissé de 2,7% sur l'ensemble de l'année.
Le gouvernement mise sur le développement des énergies renouvelables et la rénovation énergétique des bâtiments pour maintenir cette dynamique. Un nouveau plan d'investissement de 7 milliards d'euros a été annoncé pour soutenir les industries vertes.
Un contexte européen contrasté
Au niveau européen, les émissions de GES ont également diminué, mais de manière moins marquée qu'en France. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, l'UE a enregistré une baisse de 3,1% au premier trimestre. La France se distingue par une performance supérieure, notamment grâce à son parc nucléaire qui fournit une électricité bas carbone.
Cependant, des experts soulignent que la baisse française pourrait être en partie conjoncturelle, liée à des conditions météorologiques favorables. « Il faudra confirmer cette tendance sur l'ensemble de l'année pour parler d'une véritable inflexion », a commenté un chercheur du CNRS.



