Hérault : menace d'incendie géant après les tempêtes hivernales
Hérault : risque d'incendie majeur après les tempêtes

Les Hauts Cantons de l'Hérault font face à un risque inédit d'incendie de grande ampleur après le passage des tempêtes hivernales. Malgré le travail considérable de l'Office national des forêts (ONF) et des forestiers sapeurs du département, près de 350 000 m³ de bois morts jonchent les massifs, alors que la saison des feux de forêt s'apprête à débuter.

Des dégâts considérables après la tempête Nils

Romain Gontier, chef de territoire Ouest des forestiers sapeurs de l'Hérault, se souvient : « Mes gars sur le terrain me disaient que c'était une catastrophe, mais tant qu'on ne l'a pas vu, on ne peut pas se rendre compte. » Sur le massif de Pardailhan, 150 hectares ont été touchés par des vents atteignant 180 km/h. Julien Torres, chef d'équipe de Saint-Pons-de-Thomières à l'ONF, témoigne : « Avant, on ne pouvait pas voir le ciel, mais là... C'est dingue, on se croirait en Ukraine ou à Verdun. »

Les dégâts sont tels que 600 routes départementales ont été bloquées, et 2 400 km de pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI) ont été endommagées. « Ça a été un chantier colossal, explique Armand Aninat, coordinateur DFCI de l'ONF. Toute la forêt était devenue une forteresse. »

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Un cocktail explosif pour l'été

Les amas de branches et de broussailles au sol, atteignant par endroits 2,50 mètres de haut, constituent un danger majeur. « Les petites branches fines et les broussailles sont ce qu'il y a de plus dangereux, car le feu part toujours du sol et se nourrit de ce qu'il trouve, prévient Armand Aninat. Cela pourrait donner des incendies d'une très grande puissance, capables de se propager à des massifs encore sains. »

La configuration des forêts a changé : sans couvert végétal, la terre est plus sèche et le vent s'engouffre plus facilement, créant des couloirs d'air dévastateurs. « On est revenu 70 ans en arrière, à l'époque des grands incendies dans les années 50 », ajoute-t-il.

Un travail de longue haleine

Si les pistes DFCI ont été déblayées en priorité, il reste encore un an de travail pour les remettre parfaitement en état, deux à trois ans pour sécuriser les bordures, et une dizaine d'années pour que le risque incendie redevienne normal. « Il peut y avoir l'incendie du siècle ici, résume Romain Gontier. Évidemment, on ne le souhaite pas, mais ça nous inquiète et il faut que les gens le sachent. »

Les acteurs de la lutte contre les incendies dans l'Hérault incluent les sapeurs-pompiers (environ 900 personnels, appuyés par la Sécurité civile avec les Canadair et le Dragon 34), l'ONF (qui gère 25 % des massifs publics et dispose d'un pouvoir de police) et les forestiers sapeurs du département (couvrant 75 % des massifs).

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