Bretagne sous les eaux : pourquoi les intempéries s'accumulent depuis janvier
Bretagne : les intempéries s'accumulent depuis janvier

Bretagne sous les eaux : pourquoi les intempéries s'accumulent depuis janvier

Depuis le mois de janvier, la Bretagne fait face à une succession d'intempéries particulièrement intenses. Les départements bretons ont enregistré des précipitations deux fois supérieures à la normale mensuelle, avec de la pluie tombant deux jours sur trois. Cette situation météorologique exceptionnelle se poursuit en cette première moitié de février, provoquant des débordements et des risques de crues en raison des sols saturés d'eau.

Une vigilance orange maintenue dans le Morbihan

Ce mardi 10 février, de nouvelles pluies s'abattent sur la pointe bretonne, aggravant une situation déjà critique. Les niveaux des cours d'eau, déjà élevés depuis plusieurs semaines, continuent d'augmenter. Adrien Warnan, prévisionniste à Météo-France, alerte : "Et ce n'est pas fini". En début de semaine, un rail dépressionnaire reste pointé sur l'ouest de la France, avec une à deux perturbations quotidiennes attendues sur la façade atlantique jusqu'à jeudi.

Cette accumulation fait craindre un nouveau pic de crue et de potentielles inondations dans les jours à venir. Avec des sols complètement saturés, même une faible quantité d'eau supplémentaire peut provoquer des débordements. "Même une perturbation classique entraîne une réaction très rapide des cours d'eau", précise Adrien Warnan, soulignant la lenteur des décrues actuelles.

Un mois de janvier historique pour les précipitations

La façade atlantique, et particulièrement la Bretagne, est sous l'eau depuis plusieurs semaines, voire des mois. Si décembre avait déjà enregistré un léger excédent pluviométrique, c'est en janvier que les précipitations ont été les plus importantes. Des records mensuels absolus datant des années 1950 ont été battus dans plusieurs localités comme Quimper ou Camaret.

À Brest, il s'agit du mois le plus pluvieux jamais enregistré. Les conséquences sont déjà visibles : à Quimperlé, la rivière Laïta est montée de plusieurs mètres, tandis qu'à Crozon, une partie d'une falaise s'est effondrée. D'autres régions comme le Languedoc et le pourtour méditerranéen ont également été très arrosées, avec l'Aude et la Corse-du-Sud connaissant leur mois de janvier le plus pluvieux.

Un "régime perturbé d'ouest" accentué

La cause de cette série d'intempéries réside dans un "flux zonal" qui amène des perturbations depuis l'Atlantique. Bien que cette situation soit classique en hiver, elle présente une particularité cette année : "le flux zonal est poussé davantage vers le sud", explique Adrien Warnan. Ainsi, la France se trouve en première ligne, alors que ce sont habituellement les îles britanniques qui sont touchées.

Cette orientation différente s'explique par la présence d'un anticyclone régulier sur le nord de l'Europe, notamment en Scandinavie. Le flux zonal est coincé dans cette position depuis la mi-janvier, provoquant une accumulation de perturbations. L'épisode de froid intense en Amérique du Nord aggrave également la situation, créant un fort contraste de températures qui génère des dépressions plus creusées et un front zonal robuste.

Des cumuls de pluie importants attendus

Cette météo pluvieuse devrait persister au moins jusqu'à la mi-février. Cette semaine, des pluies intenses sont attendues en Bretagne, mais surtout dans le Sud-Ouest et sur le front ouest des massifs, accompagnées de forts coups de vent. Météo-France prévoit des cumuls pouvant atteindre 60 à 70 mm en 24 heures sur les Pyrénées, et 20 à 50 mm sur le quart sud-ouest du pays.

Les prévisionnistes restent particulièrement vigilants face au risque de crues dans le Sud-Ouest, notamment en Gironde, où des débordements dommageables ont déjà eu lieu. "Les sols sont déjà saturés", rappelle Adrien Warnan, ajoutant qu'une probable fonte des neiges sur les Pyrénées pourrait aggraver la situation.

Si ces pluies hivernales permettent de recharger les nappes phréatiques, notamment dans le Roussillon ou le Languedoc, leur bénéfice pourrait être de courte durée en cas d'arrêt précoce au printemps ou de canicule estivale.