En Bretagne, la pratique de la stérilisation des œufs de goéland, utilisée pour réguler les populations de ces oiseaux marins, est de plus en plus contestée. Alors que les autorités locales cherchent à limiter les nuisances causées par les goélands en milieu urbain, des associations de protection de la nature et des scientifiques s'inquiètent d'un déclin alarmant de l'espèce.
Une méthode de régulation controversée
La stérilisation des œufs consiste à les huiler ou à les percer pour empêcher l'éclosion, une technique employée dans plusieurs villes bretonnes comme Saint-Malo, Brest ou Lorient. Les municipalités justifient cette mesure par les nuisances sonores, les dégradations et les risques sanitaires liés à la présence des goélands. Cependant, des études récentes montrent une baisse significative du nombre de goélands argentés et bruns en Bretagne, certaines colonies ayant perdu jusqu'à 50 % de leurs effectifs en dix ans.
Une contestation croissante
Des associations comme Bretagne Vivante et la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) dénoncent une méthode inefficace et contre-productive. Selon elles, la stérilisation ne résout pas les problèmes de cohabitation et aggrave le déclin des populations. « Nous assistons à une diminution drastique des goélands, et pourtant on continue à stériliser leurs œufs, c'est absurde », déclare un porte-parole de la LPO. Des pétitions ont été lancées pour demander l'arrêt de ces pratiques, et des recours juridiques sont envisagés.
Des alternatives proposées
Face à cette controverse, des solutions alternatives sont envisagées, comme la sensibilisation des habitants à ne pas nourrir les oiseaux, l'installation de dispositifs anti-nidification ou la gestion des déchets. Certains experts plaident pour une approche plus globale, prenant en compte la protection de l'espèce tout en gérant les conflits avec les activités humaines. Le débat s'annonce vif alors que les collectivités locales doivent concilier tranquillité publique et préservation de la biodiversité.



