À peine deux centimètres de haut et presque invisibles dans le sable : sur la plage de la Maïre, entre Sérignan et Portiragnes (Hérault), les poussins de gravelots à collier interrompu vivent leurs premiers jours dans une grande vulnérabilité. Cette espèce protégée ne compte que 1 500 couples en France, et 10 % d'entre eux nichent sur ce site du Biterrois. L'association de sauvegarde Hérault Littoral (ASHL) lance un appel à la vigilance pour éviter tout piétinement ou dérangement.
Des oiseaux minuscules et parfaitement camouflés
Yann Geshor, coordinateur de l'ASHL, explique : « Sur la plage, les poussins de gravelot à collier interrompu sont minuscules. Ils mesurent tout juste deux à trois centimètres de hauteur et sont parfaitement camouflés pour échapper aux prédateurs naturels. » Dès leur éclosion, ils quittent le nid pour se nourrir, un comportement qui les expose aux dangers. Malgré le balisage des zones de protection, les jeunes oiseaux ne respectent pas les limites fixées pour les usagers de la plage. « Les enclos protègent les œufs, mais pas les poussins qui se dispersent. Ils se déplacent, apprennent à se nourrir, et c'est là que tout se joue », précise le naturaliste.
Un site à forts enjeux à protéger
Sur le site de la Maïre, la cohabitation avec les activités humaines est cruciale mais fragile. Il faut éviter le piétinement involontaire, les dérangements répétés et la divagation des chiens. La prédation naturelle par le renard ou la corneille est déjà difficile à contrer. Tenir son chien en laisse dans ce secteur reste indispensable, tout comme éviter les rodéos sur les plages, déjà observés. « Dès lors que les zones protégées sont respectées, la biodiversité revient en force. Sur la Maïre, la présence des gravelots en est la parfaite illustration », conclut Yann Geshor.



