Kermit défend les animaux mal-aimés avec des pièges photo
Kermit défend les animaux mal-aimés avec des pièges photo

Un besoin crucial d'être compris

Scorpions, vipères ou vautours : l'association Kermit, basée à La Vacquerie-et-Saint-Martin-de-Castries, dans l'Hérault, se consacre à la défense de la faune sauvage, en particulier des animaux mal aimés. Grâce à des pièges photographiques installés dans le Sud Larzac, les naturalistes Gilles Hanula et Claudine Touret capturent des scènes rares de la vie animale pour sensibiliser le public.

Une vidéo virale : aigle royal contre vautours

Leur dernière vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux avec plus de 700 000 vues, met en scène un affrontement entre un aigle royal et des vautours fauves autour d'une brebis morte. Le 7 avril, un jeune aigle royal mâle, né en 2022 dans les gorges de la Vis et suivi par GPS par l'Office français de la biodiversité, est le premier à arriver sur la carcasse déposée par un éleveur. Un vautour fauve s'approche timidement, mais l'aigle le chasse. Le vautour revient avec une quarantaine de congénères, et l'aigle abandonne. En quelques minutes, la carcasse de 70 kg est entièrement dévorée.

Gilles Hanula explique : « On voit bien que le vautour est timide. Lui, contrairement à l’aigle, n’a pas de serres tranchantes, juste son bec. Il ne tue pas ses proies et ne mange que des animaux morts. » Claudine Touret ajoute : « Avec ces images, on espère illustrer le côté peureux des vautours, loin de la description d’oiseaux agressifs et dangereux. »

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Les pièges photographiques : une révolution pour l'observation

« Les pièges photographiques ont révolutionné l’observation de la faune sauvage, » souligne Gilles. « Avec juste un petit appareil photo accroché à un arbre, doté d’un capteur infrarouge qui se déclenche au moindre mouvement, nous obtenons des mini-tranches de vie des animaux. » Il installe jusqu'à huit appareils au même endroit, souvent près d'une mare, pour comprendre les allées et venues de la faune locale : genettes, sangliers, chevreuils, blaireaux, renards, fouines, belettes, loirs, et même un loup venu boire à deux reprises.

Défendre les mal-aimés

L'association Kermit, fondée dans les années 1990 à Montpellier, s'intéressait d'abord aux batraciens et reptiles. Son nom rend hommage à la grenouille du Muppet Show. Installée aujourd'hui sur le Larzac, elle a élargi son spectre à toute la faune sauvage. « Disons que certains animaux ont un gros besoin d’être compris. On s’est donné cette mission, » affirment Gilles et Claudine. Ils interviennent notamment auprès des écoliers, comme lors d'une journée au lac des Rives avec les enfants de Saint-Maurice-de-Navacelles, mais aussi auprès des adultes, pour les aider à apprivoiser leur peur de la nature : serpents, araignées, scorpions.

Des rêves pour l'avenir

Malgré des difficultés financières (l'association a réduit son emploi salarié à mi-temps depuis le Covid), Gilles nourrit des projets. Il rêve de filmer des loutres, revenues sur la plupart des cours d'eau. « La loutre raffole des écrevisses américaines, dont l’omniprésence va de ce fait se réduire. Il faut toujours penser sur le temps long… » conclut-il. Et ne pas avoir peur d’aimer les mal-aimés.

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