Quatre ans après l'incendie d'Aumelas, la garrigue renaît
Incendie d'Aumelas : la garrigue renaît après 4 ans

En juillet 2022, le plus grand incendie des quinze dernières années dans l'Hérault ravageait près de 1 000 hectares entre Gignac, Aumelas et Saint-Bauzille-de-la-Sylve. Quatre ans plus tard, malgré les stigmates encore visibles, la nature démontre son étonnante capacité de résilience.

Un paysage marqué mais en renaissance

Sur le Causse d'Aumelas, un poirier à feuille d'amandier, surnommé localement l'arbre du Ténéré pour son isolement, a été épargné par les flammes. Yohan Boudin, technicien territorial de l'ONF, le désigne comme un symbole de persistance. Le 26 juillet 2022, le feu avait parcouru 952 hectares, sautant les routes et menaçant les habitations jusqu'à Saint-Paul et Valmalle. Fabien Brochiero, responsable du pôle DFCI pour l'Hérault Gard Lozère à l'ONF, rappelle qu'il s'agit du plus grand feu dans le département depuis quinze ans.

Des squelettes de troncs calcinés hantent encore le paysage, mais la végétation reprend ses droits. Les chênes kermes ont retrouvé jusqu'à la moitié de leur hauteur initiale, de jeunes pins mesurent quelques dizaines de centimètres, et de nouveaux cyprès s'élancent vers le ciel.

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Stratégies de survie des espèces méditerranéennes

Fabien Brochiero explique que le feu fait partie du cycle naturel de la forêt méditerranéenne. De nombreuses espèces ont développé des tactiques pour survivre ou se perpétuer après un incendie. Par exemple, le pin d'Alep libère ses graines sous l'effet de la chaleur, permettant un réensemencement naturel. D'autres feuillus, comme les chênes verts, arbousiers, pistachiers ou laurier thym, peuvent repartir de la souche si le feu n'a pas pénétré trop profondément dans le sol.

L'importance des sols et des conditions météo

La reprise végétale dépend aussi de la profondeur du sol et des précipitations. Les pluies abondantes des derniers mois ont favorisé la régénération. En revanche, sur des sols superficiels et sableux, comme à Saint-Guilhem-le-Désert, la reconstitution reste difficile quarante ans après un incendie. À Montarnaud, où un feu avait brûlé en 2014, la nature a déjà bien repris ses droits, et seuls des experts peuvent déceler les traces de l'ancien sinistre. Fabien Brochiero se réjouit de cette évolution : douze ans après, le paysage est rassurant.

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