Ce vendredi 29 mai, l'entreprise Aerothau achevait une campagne de deux semaines de recensement de la population de goélands à Béziers. Résultat : plus d'une soixantaine de couples nicheurs ont été repérés dans les zones explorées. Au moins le double seraient présents sur la commune, entraînant de réelles nuisances. La Ville étudie la possibilité de faire stériliser les œufs l'année prochaine.
Une technologie de pointe pour un recensement précis
Le drone, piloté par Karim Laroque, survole les toits des immeubles à la recherche de nids, amas de paille et d'herbes. Doté d'un zoom puissant et équipé d'une intelligence artificielle, il apprend à reconnaître les nids. Il peut évoluer jusqu'à 50 mètres d'altitude et possède un détecteur de chaleur ainsi qu'un haut-parleur d'effarouchement imitant les rapaces, sans déranger l'espèce. Sur le seul toit de l'hôpital de Béziers, cinq nids ont été repérés. Au total, 62 couples nicheurs ont été identifiés avec certitude sur les zones stratégiques (La Devèze, Montimaran, halles, Jean-Moulin, cité Million). En extrapolant, cela représenterait plus de 240 volatiles.
Des nuisances croissantes
Nathalie Gutknecht, responsable du service municipal hygiène et environnement, explique : « On a des plaintes de Biterrois avec des goélands installés sur les toitures. Ils font du bruit, laissent des fientes, commettent des dégradations sur les toits, ramènent des déchets pour faire leur nid… » Après un premier repérage visuel, la Ville a mandaté Aerothau pour un diagnostic plus précis. L'entreprise a déjà testé sa méthode à Narbonne et Mèze et se positionne sur ce nouveau marché depuis trois ans.
Vers une stérilisation des œufs
Dans un second temps, Aerothau propose de stériliser les œufs avec de l'huile de colza bio, grâce à un drone innovant spécialement conçu. « On n'est pas là pour éradiquer l'espèce mais pour trouver des solutions aux nuisances », rappelle Karim Laroque. La Ville devra obtenir une autorisation de la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) pour procéder à la stérilisation. Les goélands sont une espèce protégée. En 2022, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) avait estimé qu'une soixantaine d'œufs allaient éclore, sans nécessité de régulation. En quatre ans, la population a donc bien augmenté.
Un opportuniste en milieu urbain
« Cette année est exceptionnelle. Les pontes ont lieu plus tôt, certaines dès mars, et on a déjà des juvéniles », constate Karim Laroque. En moyenne, deux à trois œufs sont pondus par nid. Moins de prédateurs, moins de vent, nourriture facile : la ville attire les goélands, décrits comme des « opportunistes ». « S'ils peuvent éviter de pêcher… », ajoute-t-il.



