Bretagne : projet d'interdiction d'herbicides pour protéger l'eau
Bretagne : interdiction d'herbicides pour l'eau potable

Un projet contesté pour préserver la ressource en eau

En Bretagne, un projet d'arrêté préfectoral visant à interdire l'utilisation d'herbicides à proximité des captages d'eau potable suscite une vive opposition parmi les agriculteurs. Ce texte, porté par la préfecture de région, entend protéger les ressources en eau de la pollution aux pesticides, un enjeu majeur dans une région où la qualité de l'eau est régulièrement mise en cause.

Les mesures prévues par l'arrêté

L'arrêté propose d'interdire l'usage de tous les herbicides dans un périmètre de 50 mètres autour des captages d'eau. Cette zone, appelée "aire d'alimentation de captage", serait étendue à 100 mètres pour les captages les plus sensibles. Les agriculteurs concernés devraient alors recourir à des méthodes alternatives, comme le désherbage mécanique ou le paillage, ce qui entraînerait des coûts supplémentaires et une charge de travail accrue.

La colère des agriculteurs

Les syndicats agricoles, dont la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, dénoncent une mesure "disproportionnée" et "imposée sans concertation". Ils estiment que cette interdiction mettrait en péril la viabilité économique de nombreuses exploitations, notamment celles en agriculture conventionnelle. "On nous demande de produire plus, mais on nous retire les outils pour le faire", s'indigne un agriculteur du Finistère. Des manifestations ont eu lieu devant les préfectures de Rennes et Quimper pour protester contre ce projet.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les arguments des défenseurs de l'environnement

De leur côté, les associations environnementales, comme Eau et Rivières de Bretagne, saluent cette initiative. Elles rappellent que les pesticides, en particulier les herbicides, contaminent les nappes phréatiques et les cours d'eau, menaçant la biodiversité et la santé humaine. "Il est urgent d'agir pour garantir une eau potable de qualité", déclare un porte-parole de l'association. Selon elles, des alternatives existent et doivent être encouragées par des aides publiques.

Un débat qui s'annonce houleux

Le projet d'arrêté doit encore être soumis à consultation publique avant d'être éventuellement adopté. Le préfet de région a promis d'engager un dialogue avec les agriculteurs pour trouver un équilibre entre protection de l'eau et maintien de l'activité agricole. Mais le ton monte déjà, et la question de la souveraineté alimentaire est brandie par les opposants. Ce dossier illustre les tensions croissantes entre impératifs environnementaux et pratiques agricoles en France.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale