Le Conservatoire d'espaces naturels (CEN) Paca lance un projet expérimental intitulé « Cultiver la résilience » pour restaurer les prairies humides de la plaine de la Brague à Antibes. Ce site pilote servira de terrain de réimplantation d'espèces, avec une mise en œuvre prévue d'ici le printemps 2028. L'objectif est de revitaliser cet écosystème menacé, en utilisant des graines sauvages récoltées localement et cultivées au lycée horticole d'Antibes.
Un écosystème fragile à préserver
La Brague, fleuve côtier qui traverse Antibes, est connue pour ses crues dévastatrices, mais elle abrite également des prairies humides, des milieux riches en biodiversité mais fortement dégradés. Selon Ambre Baxa, chargée de projet au CEN Paca, ces prairies sont « les plus dégradées du territoire ». Les principales menaces sont les espèces exotiques envahissantes, comme le chèvrefeuille du Japon, et les remblais liés à l'urbanisation. Pour y remédier, une campagne d'arrachage des plantes invasives sera menée avant la replantation.
Un projet collaboratif et innovant
Le projet « Cultiver la résilience » est né du constat d'un manque de semences adaptées à la restauration des prairies humides. Le CEN Paca s'est associé au lycée horticole d'Antibes, déjà labellisé « Végétal local », pour produire environ 1 500 plants d'une quinzaine d'espèces locales. Ces plants seront réimplantés sur les 3 hectares du site de la Brague, copropriété du CEN et de la Ville d'Antibes. L'initiative suscite déjà l'intérêt d'autres collectivités, comme l'agglomération du Pays de Grasse.
Calendrier et financement
La récolte des graines a commencé et se poursuivra jusqu'à fin juin 2026. Après un premier tri, les serres seront installées en octobre-novembre au lycée horticole. La culture s'étendra sur toute l'année 2027, et la plantation en pleine terre est prévue au printemps 2028. Le budget total du projet est de 70 400 euros, financé principalement par du mécénat : la Fondation du Patrimoine, la Fondation des Aéroports de la Côte d'Azur et la municipalité d'Antibes. Il reste 9 000 euros à collecter, et les dons sont possibles via le site de la Fondation du Patrimoine.
Les prairies restaurées pourraient être accessibles au public, comme c'est déjà le cas pour celle de La Roquette-sur-Siagne, où une partie des graines sera récoltée pour garantir la diversité génétique. Ce projet expérimental pourrait servir de modèle pour d'autres sites en région Paca.



