Dans une tribune publiée récemment, l'écrivain italien Antonio Scurati tire la sonnette d'alarme sur la situation de Venise, confrontée à une double menace existentielle. Selon lui, la survie de la cité des Doges est toujours mise en péril par les marées de la lagune, phénomène naturel amplifié par le changement climatique, mais aussi par les marées humaines du tourisme de masse.
Une ville prise en étau
Venise, joyau architectural et culturel, subit de plein fouet les assauts de la nature et de l'homme. Les marées exceptionnelles, ou acqua alta, inondent régulièrement la ville, endommageant ses fondations et ses trésors artistiques. Parallèlement, l'afflux massif de touristes, estimé à plus de 30 millions par an, érode son authenticité et sa qualité de vie.
Les marées de la lagune
Le phénomène des marées hautes est aggravé par l'élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique. Malgré les projets de barrières mobiles comme le MOSE, leur efficacité reste limitée et leur impact environnemental controversé. Scurati souligne que ces solutions techniques ne suffiront pas à protéger Venise si des mesures globales ne sont pas prises.
Les marées humaines
Le tourisme de masse transforme Venise en un parc à thème, vidant la ville de ses habitants et de son âme. Les résidents, chassés par la hausse des prix et la transformation des commerces, ne sont plus que 50 000, contre 120 000 il y a cinquante ans. Scurati dénonce une « colonisation touristique » qui menace l'identité même de Venise.
Un appel à l'action
L'écrivain appelle les autorités italiennes et internationales à agir de toute urgence. Il propose des mesures concrètes :
- Limiter le nombre de visiteurs par jour, comme cela a été partiellement mis en place avec le ticket d'entrée.
- Réguler le trafic des grands navires de croisière dans la lagune.
- Encourager un tourisme durable et respectueux de l'environnement.
- Investir dans la protection contre les marées et la restauration du patrimoine.
Pour Scurati, Venise est un symbole de la fragilité de notre civilisation face aux défis climatiques et démographiques. Sa survie dépend de notre capacité à concilier préservation et développement.



