Sous le repas du 1er-Mai, le mystère wisigothique de Saint-Mamert. Les habitants étaient au rendez-vous de ce repas du 1er-Mai à la chapelle Saint-Mamert. Social, Hérault, Plaissan. Publié le 06/05/2026 à 05:06, mis à jour à 05:15. Article rédigé par Correspondant Midi Libre.
Un repas communal sous le signe de l'histoire
Les Plaissanais se sont réunis dans la forêt domaniale pour leur traditionnel repas communal de la fête du Travail, vendredi 1er mai 2026. Une scène d'apparence tout à fait classique. Pourtant, l'ombre qui protégeait les grandes tablées n'était pas seulement celle des arbres, mais celle d'un héritage vieux de plus de quinze siècles.
Un édifice rempli d'histoire
Au cœur de cette forêt dominant le village sur l'axe mer-montagne se dressent en effet les vestiges de la chapelle Saint-Mamert. Si l'édifice est officiellement mentionné pour la première fois dans le cartulaire de l'abbaye de Gellone en 1137 (Podium Sancti-Mameti), la réalité archéologique est bien plus intrigante. Un joyau préroman que l'association Les chevaliers de Saint-Mamert, fondée en 1999, s'emploie à arracher à l'oubli. Loin de se limiter à une simple préservation, l'association a lancé, en 2018, un vaste chantier de restauration.
De la procession religieuse au pique-nique républicain
Mais comment un site archéologique est-il devenu le théâtre du pique-nique républicain du 1er-Mai ? L'histoire locale ne manque pas d'ironie. Chaque 11 mai, lors des Rogations, les viticulteurs plaissanais y montaient en procession pour implorer Saint-Mamert d'écarter les fléaux météorologiques. Cette longue tradition religieuse a connu une fin abrupte en 1930. Cette année-là, alors que les pèlerins redescendaient au village après avoir prié pour la protection de leurs vignes, un orage de grêle d'une rare violence s'abattit, anéantissant les promesses de récoltes. Face à ce cuisant désaveu céleste, la coutume conjuratoire fut définitivement abandonnée, laissant le champ libre, des décennies plus tard, aux représentants du conseil municipal pour s'approprier l'animation de la colline.
Un 1er mai 2026 entre traditions et convivialité
C'est ainsi que ce 1er mai 2026 a perpétué l'occupation du site, de manière laïque et pragmatique. Loin des prières d'antan, l'événement a rassemblé les habitants autour d'une paella préparée par Nicolas Marragout. Dans une atmosphère familiale, rythmée par les parties de pétanque et l'intérêt des enfants pour les bovins au pâturage, certains ont opté pour une marche digestive jusqu'à la chapelle en cours de restauration. Pour clore le repas, les dames ont reçu un traditionnel brin de muguet distribué par les conseillères municipales et l'adjointe Annie Boix, en guise de bénédiction laïque. Car si les prières ont déserté la colline, le culte du vivre-ensemble, lui, a de beaux jours devant lui.
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