Depuis le début de la semaine, le trophée des Pyramides réunit 22 bateaux qui partent pêcher en mer. Nous avons embarqué sur l’un d’eux, l’Hélios III, pour une immersion totale dans l’univers de la pêche au thon.
Un équipage de passionnés
« Le thon, c’est une pêche de copains. On passe des journées en mer magnifiques, ce sont des journées inoubliables. » À bord d’Hélios III, ce mardi, ils sont trois marins autour de Philippe, le capitaine. Il y a l’expérimenté Alain, le doyen Jean et Charly, le secrétaire du Pyramides thon club, ancien gendarme et commandant des brigades nautiques d’Agde et Port-Camargue. Tous les quatre sont retraités. Ce concours est l’occasion de passer en mer une belle journée de franche convivialité et camaraderie autour d’une passion commune : la pêche au thon, et la mer dans son ensemble.
Matinée au port
7 h 30 au port de La Grande-Motte. Certains des 22 bateaux sont déjà partis. Les derniers ne traîneront pas. Si Philippe est le patron du bateau, confiance est donnée à Alain, le passionné de la mer. C’est lui qui amène son petit monde à 30 km de la côte, côté Gard, au point même où, en 2011, il avait réalisé une pêche qui lui avait permis de gagner ce concours. Le principe : une pêche à la dérive, et 30 kg de sardines pour un « broumé » réussi. « On ne cherche pas le thon, on veut l’attirer, explique Charly. Toute la journée, on jette des sardines pour qu’il remonte la ligne et qu’il vienne au bateau. »
L’attente en mer
9 h 30, Hélios III est en place, les cannes sont prêtes. L’attente commence. L’œil rivé sur les sondeurs. Le plus vigilant, c’est Jean. Du haut de ses 87 printemps, bon pied bon œil, il ne rate rien. Malicieux : « Je suis le plus âgé mais peut-être pas le plus vieux. » Les bons mots s’enchaînent, les bons moments aussi. Chacun se relaie au broumé, donne son avis. C’est calme, pas de vague, pas d’oiseaux qui s’agitent. « Il n’y a rien », se désolent-ils.
Fausse alerte et déception
10 h 30, un petit encas « à la bonne franquette » s’impose. Comme l’équipe s’en doutait en plaisantant, la première alerte surgit à l’heure de l’apéritif. La sonde est formelle : « Là, il y a un poisson ! » Tout le monde s’active. « Oh putain oui ! Il y en a même trois en dessous, ils sont là, à 50 m, il y a de belles traces. » Silence total, concentration de rigueur. Mais… fausse alerte. Les poissons feront deux, trois petits tours et passeront leur chemin.
Confidences à bord
Sur le bateau, les copains dissertent : des sujets légers ou plus lourds, voire intimes, avec de l’émotion : la santé des uns et de leurs proches, la prédation des Japonais sur le thon, les souvenirs de pêche, leurs passions… Jean raconte comment Alain « attrape la queue d’un thon quand il le relâche. Il va au fond avec. » Alain acquiesce : « Je le fais parfois, pour m’amuser. En apnée, je l’accompagne sur cinq mètres, je le vois partir dans le grand bleu, c’est magnifique ! »
Les copains veulent aussi casser les préjugés : la pêche au thon, « une activité de vieux ? » Non, la relève est là, les jeunes arrivent. De « nantis » ? « Certains font beaucoup de sacrifices toute l’année pour leur passion. » Philippe en vient presque à se justifier d’avoir le plus beau bateau du club : un Riviera de 14 m. Il ne le doit à personne : cet ancien chef d’entreprise dans la distribution alimentaire a « quitté l’école à 17 ans », a bossé, tâtonné, et monté sa boîte.
Fin de journée sans prise
Les confidences sont là. Pas le poisson. Malgré une dernière alerte juste avant la fin de l’heure officielle. Le sondeur annonce une présence. L’équipage reste déterminé. En vain. Les copains du Gardanne ou d’Emitom auront eu plus de chance. Mais que la journée fut belle.
Un concours en « no kill »
Démarré lundi, le 40e trophée des Pyramides, organisé par le Pyramides thon club de La Grande-Motte, s’achèvera ce vendredi, sur le quai, derrière le Miramar, avec la remise des trophées à 18 h, au retour des 22 bateaux. Le concours étant en « no kill », le vainqueur est l’équipage qui a pêché le plus de thons, la taille étant également prise en compte. Seuls deux poissons ont été ramenés (mardi) et préparés pour la thonade servie ce jeudi aux participants et proches du club. Pour les deux premiers jours de pêche, sur les 20 thons remontés, 18 ont été relâchés.
Trois générations sur l’Emitom : Dominique le capitaine, Thomas le fils et Arthur, 12 ans, le petit-fils. Avec eux : Julien et Guillaume, qui a lutté 45 minutes mardi pour ramener un thon de 1,35 m. Sur le Gardanne, Fabrice, Vincent, Bruno et René ont ramené un thon de 1,25 m à quinze minutes de lever les lignes.



