Si l'enseignement du français suit, en France, des sentiers balisés, il n'en est pas de même pour les enfants d'expatriés ou ceux, toujours à l'étranger, dont un seul des parents est francophone. Il en va de même pour les enfants dont les grands-parents sont francophones. Bien qu'il existe un réseau d'écoles françaises ou des associations, le maintien du français reste fragile et tend parfois à se perdre. Face à ces enjeux, il convient de déployer un enseignement adapté, tant sur le fond que sur la forme. L'apprentissage du français en tant que langue étrangère (FLE), français langue seconde (FLS) ou français langue maternelle (FLM) répond en effet à d'autres codes que celui dispensé pour des enfants baignant dans la langue de Molière.
Une réponse aux défis de l'expatriation
Professeure FLE et conceptrice de supports pédagogiques, Élodie Vincent a elle-même été confrontée à cette problématique avec ses enfants lorsqu'elle était expatriée à Barcelone. « L'enseignement du français FLS ou FLM est complexe. Il existe un manque de professeurs, et les cours dispensés restent marqués par une vision très nationale, qui occulte des contextes qui sont pourtant autant de richesses. Les applications mobiles sont ludiques, mais l'engagement est très superficiel et passager. J'ai donc voulu trouver une solution, et c'est ainsi qu'est né Parlamamie en 2016 », explique-t-elle. Parlamamie est une activité extrascolaire et un véritable enseignement qui permet à de jeunes francophones (FLM, FLS ou FLE) scolarisés en dehors des institutions francophones de pratiquer et perfectionner leur maîtrise du français, allant bien au-delà du simple loisir.
Plus qu'un simple loisir
La maîtrise du français participe au maintien de la francophonie dans le monde, mais aide surtout les enfants d'expatriés à échanger avec les membres de leur famille restés en France. Le nom de l'entreprise, Parlamamie, dérive d'ailleurs de ce simple constat. Au-delà de cette dimension émotionnelle cruciale pour motiver l'apprentissage, il existe des enjeux pratiques : une bonne maîtrise du français est indispensable pour poursuivre un cursus universitaire en France. « Mon objectif est de favoriser la maîtrise du français à tous les âges et niveaux, du déblocage de la langue chez les plus jeunes aux degrés les plus avancés en préparant les élèves aux examens les plus exigeants. Nous préparons ainsi des certifications comme le DELF B2 ou le DALF C1, indispensables pour rejoindre une université », indique Élodie Vincent. Parlamamie permet également de préparer les épreuves de français de diplômes comme l'IGCSE, l'AP, le A Level ou l'International Baccalaureate (IB). L'objectif est de permettre la formulation d'un raisonnement argumenté en français, en apportant également le bagage culturel nécessaire.
Des cours adaptés à tous les niveaux
Parlamamie déploie des cours adaptés à tous les niveaux et sous tous les fuseaux horaires. Après un échange préalable avec l'enfant puis avec ses parents, l'élève rejoint un cours de groupe composé de quatre à huit apprenants, selon les âges et les niveaux de maîtrise de la langue. Ce cours se tient en visioconférence chaque semaine et est complété par un atelier hebdomadaire, toujours en groupe. Pour les plus jeunes ou pour les élèves en difficulté ponctuelle ou récurrente, des cours particuliers à partir d'une demi-heure peuvent s'ajouter ou se substituer à ces cours collectifs. Ces formats sont particulièrement adaptés aux étapes de déblocage linguistique ou aux enfants neurodivergents (TDAH, DYS, etc.). « Pour que l'apprentissage fonctionne au mieux, Parlamamie propose des supports de cours écrits et met beaucoup l'accent sur la pratique à l'écrit, de manière manuscrite. La lecture est aussi importante, et les élèves doivent lire un certain nombre d'ouvrages en français au cours de l'année. Mais cette activité n'est pas un choix pour un grand nombre d'enfants, et il faut trouver un équilibre entre une rigueur essentielle dans l'enseignement et un plaisir sans lequel l'adhésion sera absente. C'est pourquoi j'utilise par exemple une marionnette de licorne pour les plus jeunes. Les ateliers sont aussi très importants pour cela, mais participent également à apporter une chose essentielle à mes yeux : l'ouverture », complète Élodie Vincent.
Une dimension d'ouverture au monde
Pour des enfants et adolescents vivant aux quatre coins du monde, évoluer dans un contexte multiculturel est une évidence et, pour Élodie Vincent, une incontestable richesse qu'il convient d'abonder en renforçant cette ouverture au monde. Les cours de Parlamamie intègrent des élèves de même niveau et d'âges similaires qui vivent sous le même fuseau horaire mais pas dans le même pays. Pour les plus jeunes, les ateliers sont l'opportunité d'explorer cette altérité et d'échanger, par exemple en incitant les enfants à évoquer les fêtes locales, toujours de manière séculière. Les élèves plus âgés et dont la maîtrise de la langue française est plus robuste peuvent débattre de sujets complexes et transversaux abordés lors d'examens officiels de français, comme le locavorisme ou le transhumanisme. « La culture française et francophone passe par la langue et son maintien est essentiel, mais il ne faut pas en avoir une vision restrictive et exclusive. Permettre à des enfants et adolescents vivant à travers la planète de conserver cette curiosité, ce goût de l'altérité est tout aussi important. Cette double mission s'exprime d'ailleurs dans la devise de Parlamamie : Transmettre le français, s'ouvrir au monde », conclut Élodie Vincent.



