Pour beaucoup, la Pride est une fête, une parade colorée et joyeuse. Pour moi, c'était bien plus que cela. C'était la concrétisation d'un rêve que je m'étais fixé adolescente, un rêve que j'ai enfin réalisé à presque 30 ans. Ce dimanche, j'ai défilé pour la première fois à la marche des fiertés, et je n'aurais jamais imaginé que cela me procurerait une telle émotion.
Un rêve né à l'adolescence
À 16 ans, je regardais les images des Primes dans le monde entier, fascinée par ces déferlantes de couleurs, de plumes et de sourires. Je voyais des gens qui s'affichaient librement, qui célébraient leur identité sans peur. À l'époque, j'étais encore dans le placard, rongée par la honte et la peur du rejet. La Pride représentait pour moi un idéal inaccessible, un monde où je pourrais un jour être moi-même.
Les années ont passé. J'ai fait mon coming out à 22 ans, mais ce n'était pas encore le moment de défiler. La peur du regard des autres, de croiser quelqu'un de mon travail ou de ma famille, était trop forte. J'ai attendu, patiemment, jusqu'à ce que le besoin de vivre ce moment devienne plus fort que toutes mes craintes.
Le grand jour : une libération
Ce dimanche, je me suis levée avec une boule au ventre. J'ai enfilé mon t-shirt arc-en-ciel, celui que j'avais acheté des années plus tôt et qui n'était jamais sorti de mon armoire. En arrivant au point de rendez-vous, j'ai été submergée par l'émotion. Des milliers de personnes, toutes réunies pour la même cause : l'égalité et la célébration de nos identités. L'ambiance était électrique, mais aussi incroyablement bienveillante.
J'ai défilé pendant près de trois heures, entourée d'inconnus devenus complices. Nous avons chanté, dansé, crié des slogans. À un moment, j'ai senti des larmes couler sur mes joues. C'était plus fort que moi. Je réalisais que ce rêve d'adolescente, je le vivais enfin. « J'ai l'impression de réaliser à presque 30 ans un rêve que je me suis fixée adolescente », confie-t-elle, les yeux encore brillants. « C'est une sensation de plénitude que je n'avais jamais ressentie auparavant. »
Un message d'espoir pour les jeunes LGBTQ+
Cette expérience m'a rappelé à quel point il est important de ne jamais abandonner ses rêves, même s'ils semblent lointains. Pour tous les jeunes qui, comme moi à 16 ans, regardent les Primes de loin, je veux dire : un jour, vous serez vous aussi dans la foule. Un jour, vous pourrez être fiers de qui vous êtes, sans honte ni peur. La Pride est là pour cela : nous rappeler que nous ne sommes pas seuls, que notre combat est juste et que la joie est possible.
Selon une étude récente, 40 % des jeunes LGBTQ+ déclarent avoir déjà eu des pensées suicidaires, un chiffre alarmant qui souligne l'importance des espaces de célébration et de soutien comme les Primes. Ces événements ne sont pas seulement des fêtes ; ce sont des actes politiques, des affirmations de notre existence et de notre dignité.
Un engagement renouvelé
Après cette première Pride, je me sens plus déterminée que jamais à m'engager pour la cause LGBTQ+. Je vais rejoindre une association locale pour aider les jeunes en questionnement, leur offrir le soutien que j'aurais aimé avoir. Car si la Pride est un moment de célébration, le combat continue au quotidien, contre les discriminations, pour l'égalité des droits.
Pour conclure, cette Pride restera gravée dans ma mémoire comme l'un des plus beaux jours de ma vie. Elle m'a donné la force d'être pleinement moi-même, et j'espère qu'elle inspirera d'autres à faire de même. La fierté, ça se vit, ça se partage, et ça ne s'éteint jamais.



