Une nouvelle IGP pour l'oie du Sud-Ouest
Le président de l'association Foie gras du Périgord, Jérémy Mercier, a annoncé une bonne nouvelle lors de l'assemblée générale vendredi 24 avril au pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers : l'indication géographique protégée (IGP) Oie du Sud-Ouest est officielle depuis le début de la semaine. Cette reconnaissance européenne permettra de protéger la production locale contre les importations, notamment hongroises. L'oie représente un marché de niche avec environ 200 000 spécimens, dont 85 000 en Dordogne.
Grippe aviaire : un hiver sous contrôle
Sept cas de grippe aviaire se sont déclarés cet hiver dans le département, entraînant des abattages ciblés. Jérémy Mercier souligne que le Sud-Ouest a été relativement épargné grâce à une forte mobilisation collective et à la vaccination, contrairement à l'Ouest où les cas ont explosé en raison de la densité de volailles. Les indemnisations sont en cours, avec une avance de 90 % via une procédure de guichet. Toutefois, les délais de versement, d'environ un mois, restent préoccupants pour les exploitants.
Baisse de production et évolution du marché
La filière Périgord connaît une tendance à la baisse, principalement due au vieillissement des exploitants. Le nombre de sites d'élevage IGP Périgord est tombé à 112 en 2025, soit une baisse de près de 20 % en un an. La production de canards a diminué de 25 % en dix ans, une évolution que Mercier juge cohérente avec la demande du marché. Certains éleveurs se tournent vers d'autres productions, comme le poulet, qui répond à une demande croissante.
Magret et foie gras : des dynamiques contrastées
Le magret a retrouvé sa place en termes de disponibilité et de prix, porté par une bonne dynamique. En revanche, le foie gras reste confronté à des difficultés : les stocks de l'année précédente incitent à la prudence pour éviter une surproduction. La consommation de foie gras, produit coûteux, reste concentrée sur les fêtes de fin d'année. L'interprofession réfléchit à des actions pour stimuler les achats tout au long de l'année.
Perspectives pour la filière oie
L'IGP Oie vise à protéger et structurer une filière fragile. Il faut trouver un équilibre entre volumes suffisants pour maintenir l'activité et éviter une offre excédentaire. En Dordogne, des projets de développement avec des éleveurs et engraisseurs sont en cours. Par ailleurs, les inquiétudes concernant un manque d'oisons après le dépeuplement d'un élevage reproducteur à Saint-Amand-de-Vergt sont levées : le couvoir de Prats-de-Carlux a repris son activité à plein régime.
L'association Foie gras du Périgord, qui compte environ 300 adhérents, reste mobilisée pour soutenir la filière face aux défis sanitaires, économiques et démographiques.



