60 ans de la Churascaia : Christian Jouny alerte sur l'avenir des discothèques
Churascaia : Jouny alerte sur l'avenir des discothèques

La mythique discothèque de Camargue, la Churascaïa, célèbre ce dimanche ses 60 ans. C'est la plus ancienne de France et la troisième du monde. À cette occasion, Christian Jouny, délégué général du syndicat national des discothèques et lieux de loisirs, dresse un constat alarmant sur la situation du secteur.

Un secteur en crise profonde

Interrogé par Midi Libre, Christian Jouny rappelle que les discothèques ont subi des décisions « idiotes » pendant la pandémie de Covid-19. « On a été la seule profession en France qui a dû fermer ses établissements durant vingt mois. Cela a eu des conséquences économiques désastreuses », explique-t-il. Ainsi, sur 1 500 discothèques recensées dans l'Hexagone, environ 25 % ont disparu. Les établissements qui ont pu rouvrir sont tous lourdement endettés, notamment en raison des Prêts Garantis par l'État (PGE), dont l'octroi a parfois été discriminatoire.

« Aujourd'hui, le secteur des discothèques est condamné si on n'a pas une prise de conscience de la part de l'État », alerte Christian Jouny. Il appelle à des mesures de soutien, au-delà du simple aspect financier, pour préserver ces lieux de loisirs essentiels.

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Des transformations nécessaires pour survivre

Face aux difficultés, les discothèques évoluent. Certaines se transforment en espaces hybrides proposant restauration et événements variés. « Ce qui est primordial, c'est de sécuriser ces lieux pour attirer la jeunesse qui y recherche du divertissement, sans excès », souligne le délégué général.

Les habitudes des clients ont également changé. « Il y a eu un grand ajustement avec la mise en place de moyens de transport gratuits en province. Les gens commencent la soirée différemment, souvent dans des bars ou chez eux. Les discothèques des centres-villes en bénéficient, mais les autres doivent s'adapter pour répondre à la baisse de fréquentation », observe-t-il.

Le profil du clubbeur aujourd'hui

Le public des discothèques est principalement constitué de jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans, à la recherche de lieux sécurisés pour s'amuser. « Les enjeux économiques actuels sont d'autant plus compliqués pour cette génération », note Christian Jouny.

Interrogé sur l'impact des applications de rencontres, il estime qu'elles n'ont pas fondamentalement changé la dynamique : « Avant tout, les gens viennent en discothèque pour faire la fête avec leurs amis. Rencontrer quelqu'un est un bonus. »

Un avenir incertain

Christian Jouny se montre pessimiste quant à l'avenir des discothèques à dix ans. « Si la situation reste la même, les discothèques pourraient disparaître, faute d'acheteurs et de vente de fonds de commerce. Il est crucial de valoriser et de respecter ces lieux pour qu'ils continuent d'exister. Avec de l'aide, même autre que financière, cette industrie peut perdurer », affirme-t-il.

Il conclut en insistant sur l'importance de pouvoir faire la fête : « Faire la fête est un exutoire essentiel, surtout dans un quotidien souvent difficile et rempli de mauvaises nouvelles. Il faut préserver ces espaces de liberté que sont les discothèques, particulièrement dans le contexte actuel où les restrictions s'intensifient. »

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