Le mode adulte de ChatGPT, qui devait permettre des conversations érotiques avec l'intelligence artificielle, a été reporté à 2026. Cette décision, annoncée par Fidji Simo, CEO d'OpenAI et originaire de Sète, lors d'une conférence de presse mi-décembre, vise à renforcer les mesures de sécurité, notamment la vérification de l'âge des utilisateurs.
Un report pour des raisons de sécurité
OpenAI travaille actuellement à améliorer la prédiction de l'âge afin d'éviter que des mineurs n'accèdent à ce contenu. Sam Altman, PDG de l'entreprise, a expliqué sur X le 15 octobre 2025 : « Nous avons décidé de privilégier la sécurité plutôt que la confidentialité et la liberté des adolescents. » En cas de doute, ChatGPT basculera par défaut sur un profil « moins de 18 ans ». Des vérifications d'identité via scan de pièce d'identité et selfie, via le prestataire Persona, sont envisagées.
Un mode non activé par défaut
Le mode adulte ne sera pas activé par défaut : les utilisateurs devront se rendre dans les réglages pour l'enclencher. OpenAI développe également une technologie d'analyse comportementale pour déduire l'âge de l'utilisateur en fonction de ses habitudes conversationnelles. Des phases de test sont en cours dans le monde.
Le contexte des deepfakes et de la législation
Cette prudence intervient dans un contexte où 96 % des deepfakes ont un caractère pornographique, selon une étude de Deeptrace (2019), et 90 % concernent des femmes. Face à cette explosion, une proposition de loi a été déposée à l'Assemblée nationale fin novembre 2025, visant à pénaliser la diffusion et la fabrication de ces images. La députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, à l'origine du texte, souhaite interdire « en toutes circonstances » la production de deepfakes, notamment ceux impliquant des mineurs.
Par ailleurs, OpenAI est accusée par une famille américaine d'avoir poussé son fils au suicide, ce qui renforce la volonté de l'entreprise d'éviter tout nouveau scandale.
Des alternatives déjà existantes
D'autres chatbots comme Grok, connu pour sa vulgarité, permettent déjà des conversations interdites aux moins de 18 ans. De nombreuses IA payantes, exclusivement dédiées au porno, se sont développées, offrant génération d'images, appels vocaux et scénarios personnalisés. Une page d'accueil promet « non pas une simple discussion, mais une relation virtuelle qui peut se complexifier au fil du temps ».
Cet article fait partie du dossier « ChatGPT chaud », explorant les enjeux de l'érotisme et de l'intelligence artificielle.



