Frédérique Ripert, installée au sein de la technopole Agrinove à Nérac, propose une solution innovante baptisée Arthak pour permettre aux abeilles d'échapper à leur prédateur. En contrebas de son jardin, elle contemple ses 15 ruches. Devant la planche d'envol, un système de protection. Certains en plastique, le « Stop-it », qu'elle a développé il y a quelques années. Et devant d'autres, le même système, en bois, « Arthak », plus qualitatif, trempé à la cire. Ses deux inventions sont dûment brevetées.
Une apicultrice passionnée et inventive
Frédérique Ripert a été une des premières à investir Agrinove, technopole dédiée à l'agriculture, à Nérac avec sa jeune entreprise Api And Bee. C'est là qu'elle a développé ses produits. « Les apiculteurs, en plus d'être souvent de grands inventeurs, sont des amoureux du bois », souligne la cheffe d'entreprise. Elle en est la preuve vivante. Si elle se définit comme apicultrice amateure, elle travaille tous les jours pour les abeilles et leur sauvegarde. Son activité d'apicultrice, elle l'a démarrée en 2012, pile au moment où le frelon asiatique se faisait douloureusement connaître. « C'est terrible de voir ses ruches décimées, ses abeilles à terre, coupées en deux », se souvient la créatrice.
Stop It : la première innovation
Très vite, vient alors « Stop It », cette cage en plastique qui permet aux abeilles de décoller dans n'importe quelle direction et d'échapper au frelon en vol stationnaire devant la ruche. Ce premier dispositif a été le point de départ d'une réflexion plus poussée.
Arthak : une évolution en bois
Aller plus loin taraudait Frédérique depuis longtemps. L'objectif est le même : permettre aux abeilles d'aller et venir hors de la ruche en évitant leur terrible prédateur venu de Chine. Son nouveau produit aussi vient de Chine. « Je suis allée chercher les producteurs là-bas. Je l'ai testé auprès d'apiculteurs chinois », explique-t-elle. Son expérience en commerce international lui a donné les clés du pays. Son choix chinois est certes économique, mais aussi sur le fond. « Ces apiculteurs vivent avec le frelon depuis longtemps. Même si, là-bas, il a des prédateurs naturels, contrairement à ici », précise-t-elle.
Un succès en Chine et un début de diffusion en France
En Extrême-Orient, son Arthak remporte tous les suffrages. Il commence tout juste à essaimer en France, alors que doucement sortent les reines frelons asiatiques. « Il s'agit d'un système de protection, car même si on piège les reines, le frelon est là », détaille la passionnée. La protection avant tout, qui ne l'empêche pas de piéger.
Piégeage stratégique des reines
Devant son rucher et dans sa modeste miellerie, il y a tout l'attirail pour piéger les reines en cette période stratégique. Son mélange préféré ? Sirop de fraise et fond de bière. « Les abeilles ne touchent pas à l'alcool… » C'est donc maintenant qu'il faut piéger les reines. « Le frelon asiatique ne sera réellement opérationnel qu'en fin d'été, quand les ouvrières travaillent à l'hivernation des reines et que l'approvisionnement en pollen et nectar est indispensable à la survie de la ruche », explique Frédérique Ripert. Mais, comme le répète l'apicultrice, « le frelon est là… » Et il est en pleine forme quand les abeilles, elles, font leurs réserves pour l'hiver. « Si elles ne peuvent pas sortir pour nourrir la reine, c'est toute la ruche qui est en péril », conclut-elle.



