La chanteuse Anne Sila, marraine de la 8e édition de l'événement caritatif « Pouce la vie » à Monaco, s'apprête à vivre une première. Touchée par la dimension humaine de cette manifestation créée en 2018 par la Fondation Flavien, qui lutte contre les cancers pédiatriques et les maladies rares, elle évoque un engagement sincère. « Il y a quelque chose de réel, j'ai pu rencontrer une des personnes qui s'occupe de l'évènement », nous a-t-elle confié au téléphone, saluant l'initiative.
Un concert pour la bonne cause
Le mardi 5 mai, à l'Auditorium Rainier III de Monaco, Anne Sila sera aux côtés du parrain historique Yvan Cassar pour donner vie aux plus grandes musiques de film, accompagnée par un groupe de dix musiciens et chanteurs. Ce concert marque la 8e édition de « Pouce la vie », imaginée comme une rencontre musicale par Denis Maccario et Frédéric Vitteaud, et parrainée par des artistes de renom.
Dans son esprit, cette participation s'inscrit dans la continuité du travail mené par Yvan Cassar, auquel elle est artistiquement liée. Révélée au grand public en 2015 dans la quatrième saison de The Voice, où son crâne rasé avait marqué les esprits, Anne Sila incarne malgré elle une figure de résilience. Une image qu'elle accueille avec recul, mais dont elle mesure aujourd'hui la portée.
Un impact insoupçonné
Elle se souvient notamment d'une rencontre bouleversante avec une mère dont la fille âgée de dix ans, atteinte d'un cancer, avait retrouvé le courage de retourner à l'école en s'identifiant à elle. « On ne se rend pas compte de l'impact que ça peut avoir », reconnaît la chanteuse. Une prise de conscience qui redonne du sens à l'exposition médiatique, souvent vécue comme contraignante.
Parler des troubles psychiques
Même si son geste radical sur le plan capillaire avait suivi un épisode traumatisant de sa vie, l'artiste tient à clarifier son propre parcours. Victime d'une agression dans un contexte très particulier, elle refuse toute confusion de son histoire avec les violences conjugales. « Je ne veux pas parler au nom de celles qui l'ont vécu », insiste-t-elle. Préférant orienter son discours vers un sujet encore trop méconnu : les troubles psychiques, précisant : « J'ai été victime d'une agression suite à la bouffée délirante de mon copain, c'était un acte isolé. »
Un nouveau single après trois ans de silence
Après trois ans de silence discographique, Anne Sila prépare son retour. Un nouveau single, qu'elle a écrit et composé elle-même, se profile à l'horizon. Son titre provisoire, FOMO (fear of missing out), évoque cette angoisse contemporaine de passer à côté de quelque chose, exacerbée par les réseaux sociaux. Musicalement, la chanteuse opère un virage inattendu vers une pop plus urbaine, loin de ses racines jazz et classiques. « C'est une vraie prise de risque, car c'est vraiment complètement à l'opposé de ce que je fais », assume-t-elle.
L'injonction de perfection au féminin
Au cœur de cette nouvelle création : le rapport à l'image. L'artiste dénonce la pression permanente, notamment sur les femmes, sommées d'être irréprochables. « On est en panique dès que l'on prend cinq kilos », déplore-t-elle. Et de poursuivre : « Louane l'a très bien formulé dans une interview, en rétorquant qu'elle n'était pas top model : c'est un métier d'être en permanence impeccable, de ne pas bouger d'un cil, de ne pas vieillir. C'est n'importe quoi. Je n'ai pas d'enfant mais si j'avais une fille, j'aurais vraiment peur pour elle. »
Dans cette société du regard, elle revendique une forme de liberté retrouvée, quitte à aller à contre-courant.
Des figures inspirantes
Inspirée par des figures comme Céline Dion, Emma Thompson ou Kate Winslet, qu'elle admire pour leur authenticité - « Les femmes que j'admire le plus sont souvent celles qui sont vraiment parfaites dans leur imperfection » souligne-t-elle -, Anne Sila trace aujourd'hui un chemin plus personnel. Une évolution qu'elle assume pleinement : « Je ne reviens pas avec du Anne Sila, je reviens avec qui je suis. »
Le concert « Pouce la vie, The Movie Music Night » aura lieu le mardi 5 mai à 20h à l'Auditorium Rainier III, Boulevard Louis II, à Monaco. Avec Anne Sila, Yvan Cassar, l'orchestre Call Me Winston et Lady Mendy, présenté par Marc Toesca. Ouverture des portes à 19h. Tarifs : 15 euros, moins de 16 ans : 5 euros. Renseignements au +377.92.00.13.70.



