Fruits et légumes bio réduisent le risque de cancer du sein après la ménopause
Bio et cancer du sein : lien protecteur après ménopause

Une étude confirme les bienfaits du bio contre le cancer du sein

Une vaste étude épidémiologique menée par des chercheurs français et publiée dans la revue Environmental Research établit un lien significatif entre la consommation de fruits et légumes issus de l'agriculture biologique et une réduction du risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées. Les résultats, basés sur les données de plus de 70 000 participantes, renforcent l'hypothèse d'un effet protecteur des aliments bio, probablement dû à une moindre exposition aux résidus de pesticides.

Méthodologie de l'étude

L'étude s'appuie sur la cohorte NutriNet-Santé, qui suit depuis 2009 les habitudes alimentaires et l'état de santé de volontaires français. Les chercheurs ont analysé les données de 70 000 femmes ménopausées, en tenant compte de nombreux facteurs de confusion tels que l'âge, l'indice de masse corporelle, l'activité physique, le tabagisme et la consommation d'alcool. Les participantes ont été classées en quatre groupes selon leur fréquence de consommation de fruits et légumes bio : jamais, rarement, souvent ou toujours.

Résultats probants

Après un suivi moyen de 8 ans, les femmes qui consommaient le plus souvent des fruits et légumes bio présentaient un risque de cancer du sein réduit de 23 % par rapport à celles qui n'en consommaient jamais. Cette association était particulièrement marquée pour les cancers du sein de type luminal A, les plus fréquents après la ménopause. Les chercheurs estiment que si toutes les femmes ménopausées consommaient régulièrement des fruits et légumes bio, environ 10 % des cas de cancer du sein pourraient être évités chaque année en France.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Explications possibles

Les pesticides utilisés dans l'agriculture conventionnelle sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens, capables d'interférer avec le système hormonal féminin et de favoriser le développement de tumeurs hormono-dépendantes. En consommant bio, les femmes réduisent leur exposition à ces substances. De plus, les fruits et légumes bio contiennent généralement des niveaux plus élevés d'antioxydants et de composés phénoliques, qui pourraient également contribuer à la prévention du cancer.

Implications pour la santé publique

Ces résultats viennent appuyer les recommandations des autorités sanitaires qui encouragent une alimentation riche en fruits et légumes, de préférence bio. L'étude souligne l'importance de politiques publiques facilitant l'accès aux aliments bio, notamment pour les populations défavorisées. Les chercheurs appellent à des mesures pour réduire l'utilisation de pesticides dans l'agriculture conventionnelle et promouvoir des modes de production plus durables.

Limites et perspectives

Il s'agit d'une étude observationnelle, qui ne peut établir de lien de causalité direct. D'autres facteurs liés à un mode de vie globalement plus sain chez les consommateurs de bio pourraient expliquer en partie les résultats. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations et explorer les mécanismes biologiques en jeu. En attendant, les femmes ménopausées peuvent intégrer davantage de fruits et légumes bio dans leur alimentation comme mesure de prévention accessible.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale