Des étudiants occupent la Sorbonne et Sciences Po contre la loi Yadan sur l'antisémitisme
Étudiants occupent Sorbonne, Sciences Po contre loi Yadan

Mobilisation étudiante contre la loi Yadan dans les grandes écoles parisiennes

Une action de protestation d'ampleur a secoué mardi plusieurs établissements d'enseignement supérieur parisiens. Des comités étudiants de soutien à la Palestine et diverses organisations étudiantes ont simultanément occupé les locaux de Sorbonne-Université, Sciences Po Paris et CentraleSupélec. Cette mobilisation coordonnée vise principalement à exiger le retrait de la proposition de loi Yadan, un texte législatif controversé portant sur la lutte contre les formes renouvelées d'antisémitisme.

Une occupation symbolique avec tentes et banderoles

Dans un communiqué de presse, les organisateurs ont précisé les motifs de leur action : « Nous occupons actuellement et simultanément les campus de Sciences Po, de La Sorbonne et de CentraleSupélec pour revendiquer la rupture des partenariats de nos institutions avec les universités et entreprises complices du génocide à Gaza et de la colonisation en Palestine, le retrait de la proposition de loi Yadan et la fin de la répression du mouvement étudiant pro-Palestine ».

Cassandra, une militante de l'organisation étudiante de gauche Le Poing levé, a décrit la scène à la Sorbonne : « Plusieurs centaines d'étudiants étaient à l'intérieur, dans la cour centrale où ils ont déployé dix tentes et des banderoles qui dénoncent la complicité de l'université avec le génocide en Palestine ». Selon ses déclarations, la mobilisation débutée en mi-journée se déroulait dans un calme relatif, bien qu'un rassemblement de 60 à 100 personnes se soit formé rue de la Sorbonne devant l'entrée principale.

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Filtrage des entrées et continuité du mouvement

Omar, un étudiant ayant demandé l'anonymat, a rapporté que les services de sécurité de Sorbonne-Université filtraient considérablement les accès au bâtiment. Il a souligné que cette action « s'inscrit dans la continuité de notre mobilisation depuis deux ans et demi contre la complicité de nos universités avec des universités israéliennes responsables de colonisation ». Pour lui, ce regain de mobilisation est directement lié à la proposition de loi Yadan qui, selon les protestataires, vise à censurer la liberté académique.

Les réactions institutionnelles ont été mesurées. La direction de Sorbonne-Université n'a pas donné suite immédiatement aux sollicitations. Sciences Po Paris a simplement confirmé qu'un mouvement était en cours sans fournir de détails supplémentaires. La communication de CentraleSupélec, situé sur le plateau de Saclay dans l'Essonne, a affirmé qu'aucun blocage ni échauffourée n'avait eu lieu, que les cours se déroulaient normalement, et que des étudiants avaient seulement déployé une banderole dans un amphithéâtre pendant une quinzaine de minutes.

La proposition de loi Yadan au cœur des tensions

La proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan (Renaissance), élue de la circonscription des Français de l'étranger incluant Israël, prévoit de renforcer la répression des infractions de provocation et d'apologie du terrorisme. Le texte interdit notamment leur présentation comme un acte de résistance. Ce projet législatif est vivement contesté par ses détracteurs qui y voient une atteinte potentielle à la liberté d'expression, particulièrement dans le contexte académique où les débats sur le conflit israélo-palestinien sont fréquents.

Cette mobilisation étudiante s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la question palestinienne dans les universités françaises et des débats sur les limites de la liberté d'expression concernant les conflits internationaux. Les organisateurs promettent de poursuivre leurs actions tant que leurs revendications ne seront pas entendues par les institutions concernées.

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