Le projet de centre logistique PRD à Belin-Béliet reçoit un avis défavorable cinglant du CNPN
Projet PRD à Belin-Béliet : avis défavorable du CNPN

Un avis au vitriol du CNPN pour le projet PRD à Belin-Béliet

La deuxième version du projet de centre logistique et industriel porté par la société PRD dans la zone Sylva 21 de Belin-Béliet a été sévèrement critiquée par le Conseil national de la protection de la nature. Dans un avis rendu le 21 janvier dernier, le CNPN a exprimé un jugement défavorable, voire très défavorable, rédigé avec une virulence inhabituelle. Cette décision intervient alors qu'une enquête publique est programmée du 20 avril au 9 juillet prochain, marquant une étape cruciale pour ce projet controversé.

Un projet d'envergure dans un environnement sensible

Le projet PRD prévoit la construction d'un pôle logistique d'une emprise au sol de 5,32 hectares sur un terrain total de 16 hectares au lieu-dit « La Règue » du parc éco-industriel Sylva 21. Ce complexe serait équipé de 24 000 m² de panneaux photovoltaïques et comprendrait un parking de 257 voitures et 10 poids lourds. Situé au cœur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, ce développement industriel soulève d'importantes questions environnementales et économiques.

Des doutes substantiels sur l'intérêt public et l'emploi

Le CNPN a examiné en premier lieu « la raison impérative d'intérêt public majeur » du projet et n'a pas été convaincu. L'instance critique notamment l'absence de garanties concernant l'impact positif sur la production industrielle locale. « Dans l'état, il n'est pas exclu que ces entrepôts servent à stocker sur des périodes très longues des marchandises provenant de pays lointains avec des effets dévastateurs sur l'économie locale », souligne l'avis.

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Concernant les promesses d'emploi, le CNPN exprime des réserves significatives. « Selon les statistiques du ministère du transport et de la logistique, des plateformes de cette taille emploient en moyenne 60 ETP ce qui pose la question sur les chiffres avancés dans le dossier (entre 150 et 300) », note l'instance. Bien que le CNPN reconnaisse l'intérêt potentiel de renforcer l'axe de distribution Paris-Bordeaux-Bayonne-Biriatou, il regrette le manque de données concrètes pour démontrer un impact positif.

Des impacts environnementaux mal évalués

Le Conseil national de la protection de la nature déplore particulièrement la méthodologie utilisée pour évaluer l'impact sur la biodiversité. La deuxième version du projet présente selon lui un « niveau d'exigence revu à la baisse » pour les inventaires des 119 espèces et sous-espèces végétales, des insectes et des animaux concernés. L'absence d'analyse approfondie des fonctionnalités des zones humides impactées est également pointée du doigt.

Le projet prévoit certes une réduction de 25% des surfaces artificialisées (passant de 71 000 à 53 000 m²), permettant d'éviter l'artificialisation de 4,13 hectares de zones humides. Il promet également 53 hectares de zones de compensation écologique, mais leur éloignement du site principal suscite des interrogations.

Une enquête publique imminente

Malgré cet avis défavorable, le dossier avance vers une enquête publique qui se déroulera du 20 avril au 9 juillet. La commissaire enquêteur désignée, Carola Guyot-Phung, organisera deux réunions publiques dans la salle des fêtes de Belin-Béliet les 29 avril et 8 juillet à 18 heures. Ces rencontres permettront aux représentants de PRD de présenter leur projet et de répondre aux questions des participants.

Les contributions du public pourront être envoyées par courriel à l'adresse dédiée ou par courrier à la mairie de Belin-Béliet. Cette enquête intervient dans un contexte où Bruno Bureau, maire Place publique de Salles et président de l'intercommunalité du Val de l'Eyre, a récemment exprimé lors de ses vœux que son territoire ne souhaitait pas « devenir une réserve ».

Un acteur majeur de l'immobilier logistique

Percier Réalisation et développement (PRD) se présente comme « un acteur majeur de l'immobilier logistique, industriel et bureaux avec plus de 4,3 millions de m² réalisés depuis 1996 ». Le projet spécifique à Belin-Béliet comprendrait :

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  • Un bâtiment d'une emprise au sol de 53 249 m² environ
  • Des cellules de stockage d'environ 6 000 m² chacune
  • Trois sous-cellules pour produits dangereux (liquides inflammables et aérosols)
  • Des locaux de charge pour engins de manutention
  • Des bureaux, locaux techniques et aménagements paysagers
  • Des bassins de gestion des eaux pluviales

Dans sa conclusion, le CNPN estime qu'« une évolution du dossier est nécessaire pour garantir le respect des conditions d'octroi d'une dérogation à la protection stricte des espèces et les principes de la compensation écologique ». L'instance maintient donc son avis défavorable tout en réitérant ses interrogations sur la nécessité de positionner ce projet à cet emplacement précis.